Briefing Note on Tariffs and Non-Tariff Barriers

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-05-29 SCORE 7/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document de formation interne pour La Via Campesina analyse les tarifs douaniers et les barrières non-tarifaires comme outils politiques pour protéger les petits producteurs alimentaires et promouvoir la souveraineté alimentaire. L'organisation s'oppose à la libéralisation commerciale menée par l'OMC et les accords de libre-échange, qui ont systématiquement érodé les protections douanières des pays du Sud global tout en laissant les subventions agricoles intactes dans le Nord. Le document dénonce le dumping agricole qui détruit la paysannerie locale et renforce le contrôle corporatif sur la production alimentaire mondiale. Il critique notamment l'Accord sur l'agriculture (AoA) de l'OMC et la conditionnalité des prêts de la Banque mondiale et du FMI qui ont imposé le démantèlement des systèmes nationaux de production alimentaire. L'agriculture industrielle qui remplace les petites exploitations paysannes — résultant de cette libéralisation — est présentée comme responsable de 70-90 % de la déforestation mondiale et de 44-57 % des émissions de gaz à effet de serre du système alimentaire global. La position de La Via Campesina est que les tarifs et les barrières non-tarifaires, appliqués avec intention politique claire, sont des instruments légitimes pour défendre la viabilité des petites exploitations paysannes, maintenir l'auto-suffisance alimentaire nationale, créer des emplois ruraux et résister à l'impérialisme économique exercé via les politiques commerciales.

En clair

Quand les pays riches imposent l'« libre-échange » aux pays pauvres, les petits paysans locaux ne peuvent pas vendre leurs récoltes face à du riz ou du maïs importé à prix cassé. Ce document explique comment les tarifs douaniers (taxes sur les importations) peuvent être une arme pour protéger les paysans contre cette destruction. Concrètement : montrer qu'il n'existe pas de « marché libre » — juste du libre-échange truqué en faveur des gros producteurs.

Extraits

Cette note d'information, destinée à la formation interne au sein de La Via Campesina, compile divers arguments en faveur de l'utilisation des tarifs comme outils pour protéger les petits producteurs alimentaires et pour promouvoir la souveraineté alimentaire et la souveraineté économique.

p. 2

La libéralisation des tarifs soutient les modèles de production extractivistes et dépendants des combustibles fossiles, usurpant souvent les terres, l'eau et les territoires que les gens utilisent depuis des générations pour cultiver les aliments.

p. 8

Le modèle industriel d'agriculture qui remplace les fermes paysannes, en conséquence de cette libéralisation, nuit également considérablement à l'environnement.

p. 8

Les efforts de l'OMC pour éliminer les tarifs agricoles ont ainsi intensifié le contrôle des entreprises sur la production alimentaire en créant des barrières faibles au commerce mondial et en fournissant des subventions massives aux agro-industries nationales.

p. 8

Nos études ont montré que entre 44 % et 57 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre proviennent du système alimentaire mondial contrôlé par quelques entreprises.

p. 8

Les prêts de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que le soi-disant allègement de la dette, étaient conditionnés à la libéralisation du commerce, au démantèlement des systèmes de production alimentaire nationaux et au respect des règles de l'OMC.

p. 9

Les tarifs aident les petits producteurs en les protégeant des importations bon marché et subventionnées. De nombreuses coopératives paysannes et petits producteurs ont du mal à concurrencer les produits agricoles étrangers, souvent produits par de grandes exploitations agricoles.

p. 10
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