2002-EN – Declaration
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-06-29 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Déclaration politique adoptée le 13 juin 2002 par un Forum NGO/CSO réuni à Rome en marge du Sommet mondial de l'alimentation de la FAO. Document fondateur pour le mouvement mondial de la souveraineté alimentaire, rejetant le bilan d'échec des politiques de libéralisation économique depuis 1996, notamment la privatisation des terres communales, l'imposition de modèles agricoles intensifs et extractivistes, et la concentration des ressources alimentaires entre les mains de corporations multinationales. Le texte oppose à ce paradigme néolibéral une conception radicale de la souveraineté alimentaire, définie comme le droit inaliénable des peuples, des communautés et des pays à définir leurs propres politiques agricoles, foncières et alimentaires selon leurs circonstances écologiques, sociales, économiques et culturelles. Parmi les éléments structurants : la priorité à la production paysanne et familiale diversifiée et agroécologique pour les marchés locaux ; l'accès aux terres et ressources productives par redistribution réelle, non par les mécanismes de marché ; le contrôle communautaire des ressources contre la propriété corporative ; la reconnaissance et l'égalité d'accès des femmes aux ressources productives ; l'abolition des brevets sur le vivant et un moratoire sur les OGM ; la fin des politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale, l'OMC et le FMI. Le document trace un programme d'action basé sur le renforcement des mouvements sociaux paysans, indigènes, féministes et ouvriers, la redistribution intégrale des ressources productives en faveur des pauvres et des sans-terres, et l'abandon des traités de libre-échange comme l'ALENA et le NEPAD.
En clair
Ce texte dit que les paysans, les femmes et les peuples autochtones ont le droit de garder leurs terres et de cultiver leur nourriture sans être forcés par le marché mondial. Au lieu de laisser les banques et grandes entreprises décider ce qui se plante et qui mange, c'est aux communautés locales de choisir comment se nourrir.
Extraits
La souveraineté alimentaire est le DROIT des peuples, des communautés et des pays à définir leurs propres politiques agricoles, du travail, de pêche, alimentaires et foncières qui sont écologiquement, socialement, économiquement et culturellement appropriées à leurs circonstances particulières.
L'accès à la terre, l'eau, les forêts, les zones de pêche et autres ressources productives par une véritable redistribution, non par les forces du marché et les « réformes foncières assistées par le marché » sponsorisées par la Banque mondiale.
Donner la priorité à la production alimentaire pour les marchés nationaux et locaux, fondée sur les systèmes de production diversifiés et agroécologiques des paysans et des agriculteurs familiaux
Le contrôle communautaire des ressources productives, par opposition à la propriété corporative de la terre, de l'eau, et des ressources génétiques et autres
La reconnaissance et la promotion du rôle des femmes dans la production alimentaire et l'accès équitable et le contrôle des ressources productives
Nous lutterons pour l'égal accès des femmes aux ressources productives et pour l'élimination des structures patriarcales dans l'agriculture et dans les aspects socio-économiques et culturels de l'alimentation.
Nous lutterons pour le droit des peuples autochtones à leurs cultures, territoires et ressources productives.
la privatisation et la marchandisation des terres communales et publiques, de l'eau, des zones de pêche et des forêts
Nous lutterons pour arrêter l'ingénierie génétique et le brevettage du vivant et exigeons une interdiction immédiate des semences terminator et des technologies similaires de restriction d'utilisation génétique
Nous appelons à une Convention sur la souveraineté alimentaire afin de consacrer les principes de souveraineté alimentaire dans le droit international et d'instituer la souveraineté alimentaire comme principal cadre d'action pour répondre aux enjeux de l'alimentation et de l'agriculture.