2002-EN – Declaration
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2002-06-13 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Déclaration politique adoptée le 13 juin 2002 par un Forum NGO/CSO réuni à Rome en marge du Sommet mondial de l'alimentation de la FAO. Document fondateur pour le mouvement mondial de la souveraineté alimentaire, rejetant le bilan d'échec des politiques de libéralisation économique depuis 1996, notamment la privatisation des terres communales, l'imposition de modèles agricoles intensifs et extractivistes, et la concentration des ressources alimentaires entre les mains de corporations multinationales. Le texte oppose à ce paradigme néolibéral une conception radicale de la souveraineté alimentaire, définie comme le droit inaliénable des peuples, des communautés et des pays à définir leurs propres politiques agricoles, foncières et alimentaires selon leurs circonstances écologiques, sociales, économiques et culturelles. Parmi les éléments structurants : la priorité à la production paysanne et familiale diversifiée et agroécologique pour les marchés locaux ; l'accès aux terres et ressources productives par redistribution réelle, non par les mécanismes de marché ; le contrôle communautaire des ressources contre la propriété corporative ; la reconnaissance et l'égalité d'accès des femmes aux ressources productives ; l'abolition des brevets sur le vivant et un moratoire sur les OGM ; la fin des politiques néolibérales imposées par la Banque mondiale, l'OMC et le FMI. Le document trace un programme d'action basé sur le renforcement des mouvements sociaux paysans, indigènes, féministes et ouvriers, la redistribution intégrale des ressources productives en faveur des pauvres et des sans-terres, et l'abandon des traités de libre-échange comme l'ALENA et le NEPAD.
En clair
Ce texte dit que les paysans, les femmes et les peuples autochtones ont le droit de garder leurs terres et de cultiver leur nourriture sans être forcés par le marché mondial. Au lieu de laisser les banques et grandes entreprises décider ce qui se plante et qui mange, c'est aux communautés locales de choisir comment se nourrir.
Extraits
Food Sovereignty is the RIGHT of peoples, communities, and countries to define their own agricultural, labor, fishing, food and land policies which are ecologically, socially, economically and culturally appropriate to their unique circumstances.
Access to land, water, forests, fishing areas and other productive resources through genuine redistribution, not by market forces and World Bank sponsored 'market-assisted land reforms.'
Placing priority on food production for domestic and local markets, based on peasant and family farmer diversified and agroecologically based production systems
Community control over productive resources, as opposed to corporate ownership of land, water, and genetic and other resources
Recognition and promotion of women's role in food production and equitable access and control over productive resources
We will struggle for the equal access of women to productive resources and the end to patriarchal structures in agriculture and socio-economic and cultural aspects of food.
We will fight for the right of Indigenous peoples to their cultures, domain, and productive resources.
the privatization and commodification of communal and public land, water, fishing grounds and forests
We will fight to stop genetic engineering and the patenting of life and demand an immediate ban of terminator and similar genetic use restriction technologies
We call for a Convention on Food Sovereignty in order to enshrine the principles of Food Sovereignty in international law and institute food sovereignty as the principal policy framework for addressing food and agriculture.