Stop the food crisis! Build Food sovereignty, NOW!
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-06-03 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Ce statement de La Via Campesina, publié en juin 2022, pose un diagnostic radical de la crise alimentaire mondiale comme conséquence structurelle du capitalisme globalisé, non d'une insuffisance de production. L'organisation paysanne mondiale établit une généalogie des crises actuelles — crise économique prolongée depuis 2008, appropriation des communs par le capital, Covid-19, guerres géopolitiques — qui conjuguent leurs effets pour aggraver les inégalités alimentaires. Le texte critique précisément la stratégie néolibérale des trois décennies précédentes : le démantèlement des stocks stratégiques publics, l'ouverture des frontières aux échanges libres, et la privatisation des infrastructures de stockage et distribution, transformant l'alimentation en marchandise spéculative. La Via Campesina affirme que le monde produit suffisamment pour nourrir toute sa population, mais que les systèmes alimentaires locaux et paysans sont écrasés par la dépendance aux marchés internationaux contrôlés par les corporations transnationales. En réponse, l'organisation revendique la souveraineté alimentaire et paysanne, appuyée sur l'adoption en 2018 de la Déclaration de l'ONU sur les droits des paysans. Le document articule donc critique anticapitaliste, défense de la résilience des systèmes alimentaires paysans locaux, et vision alternative d'une agriculture produisant une nourriture saine tout en protégeant la nature et en renouvelant les relations sociales en milieu rural.
En clair
La Via Campesina explique que les gens ont faim non parce qu'il manque de nourriture sur terre, mais parce que les grandes entreprises et les marchés financiers mondiaux monopolisent les prix alimentaires en spéculant. Le mouvement propose de revenir à des systèmes alimentaires locaux contrôlés par les paysans eux-mêmes, avec des réserves publiques et des règles pour protéger les pays, plutôt que de dépendre de marchés mondiaux aux mains des corporations.
Extraits
La commercialisation des aliments au service des grandes corporations capitalistes, qui ont transformé l'alimentation en marchandises
Ils le font en privatisant les biens communs, notamment en s'appropriant les minerais, l'eau, les forêts et la biodiversité pour les transformer en marchandises
Pourtant, aujourd'hui, plus de 85 % de la production agricole ne sont pas commercialisés internationalement. Nous connaissons une crise du système alimentaire capitaliste mondialisé et industrialisé, tandis que les systèmes alimentaires paysans locaux montrent leur résilience.
Actuellement, la crise alimentaire n'est pas liée à une pénurie d'aliments au niveau mondial, mais à des prix spéculatifs.
L'agriculture mondiale produit assez pour soutenir une période de crises plus longue. Le problème n'est donc pas une pénurie d'aliments, mais le fait que les grandes entreprises capitalistes qui dominent le marché financier et de distribution mondiale ont transformé le commerce alimentaire et agricole en un marché hautement spéculatif.
Les stocks stratégiques publics et le stockage, le contrôle réglementaire des stocks, la régulation des marchés ou d'autres politiques publiques nécessaires ont été progressivement démantelés au cours de la dernière décennie sous la pression du FMI, de la Banque mondiale, de l'OMC
Nous avons remporté l'approbation en 2018 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales.