2014-Livret_libre_echange_web_AN

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2014-10-27 Adobe PDF Library 11.0 SCORE 5/10

Document original ↗

Synopsis

Ce livret critique frontalement les traités de libre-échange bilatéraux négociés par l'Union européenne — notamment le TAFTA/TTIP avec les USA et le CETA avec le Canada — en montrant comment ils menacent la paysannerie, la souveraineté alimentaire et les standards environnementaux et sanitaires. Le texte dénonce le mécanisme fondamental : au nom de la « libéralisation », ces accords transfèrent le pouvoir réglementaire des États aux multinationales agro-industrielles. Celles-ci pourront imposer leurs standards (favorables à l'industrie : autorisation des OGM, des hormones de synthèse, des traitements chimiques des carcasses), évincer les petits paysans incapables de se conformer à des normes calibrées sur les grandes exploitations, breveter les semences et supprimer les politiques publiques — dont la Politique agricole commune. Le document contraste les modèles agricoles : d'un côté un agriculture paysanne et vivrière produisant emploi et qualité ; de l'autre, une agro-industrie « à haute productivité » construite sur le travail précaire et la destruction des territoires. Il insiste particulièrement sur les différences de standards entre les trois zones (antibiotiques, hormones, OGM, principe de précaution) et sur les menaces aux appellations d'origine et labels de qualité européens. L'enjeu est clairement présenté comme un choix de modèle de société : quelle agriculture, quelle souveraineté alimentaire voulons-nous ?

En clair

Ce texte explique pourquoi les grands traités commerciaux entre États-Unis, Canada et Europe sont dangereux pour les petits paysans et la qualité de la nourriture : ils permettent aux grandes multinationales de l'agro-industrie d'imposer leurs règles, de vendre n'importe quoi et d'éliminer les petites fermes qui ne peuvent pas suivre. Si tu défends l'agriculture paysanne locale et la nourriture de qualité, tu as besoin de connaître comment ces accords t'attaquent.

Extraits

Les droits de douane protègent l'agriculture de la concurrence mondiale. Ils sont l'un des outils pour assurer la souveraineté alimentaire des pays.

p. 2

Le travail paysan produit des biens et de la valeur ajoutée. L'agriculture est une source d'emploi qui doit être soutenue.

p. 2

Pour permettre aux sociétés multinationales européennes de vendre leurs services, voitures et armes, l'agriculture deviendra une monnaie d'échange commerciale.

p. 1

Pour l'agriculture, cette norme sera adaptée aux grandes exploitations agricoles et aux besoins de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution. Faute de ressources adéquates, les petits agriculteurs paysans ne pourront pas s'y conformer.

p. 2

Le droit des agriculteurs d'utiliser leurs propres semences est mis en péril par ces accords dans tous les pays de l'Union européenne.

p. 3

Ces accords seront conçus pour inclure des choses qui jusqu'à présent ont été protégées, notamment la réforme de la réglementation interdisant les OGM, l'autorisation du traitement chimique des carcasses animales (comme l'utilisation d'acide lactique) et l'adoption de normes sanitaires adaptées à l'industrie agroalimentaire de l'UE.

p. 1

Le prétexte « les accords créent de l'emploi » est faux ! De part et d'autre de l'Atlantique, un véritable marché (lucratif) de travail esclavagiste, flexible et précaire s'organise autour de l'industrialisation de l'agriculture.

p. 2

Les modèles d'élevage, les normes sanitaires, sociales et environnementales sont très différents de part et d'autre de l'Atlantique. Les coûts de production dans l'UE sont beaucoup plus élevés qu'en Amérique du Nord.

p. 3

Le problème n'est pas seulement agricole. Il représente un choix entre différents modèles de société : quelle agriculture et quelle industrie alimentaire voulons-nous ?

p. 3
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