Del huerto al territorio: la agroecología como estrategia para la defensa de la tierra y el derecho a decidir entre mujeres indígenas de Chiapas

discovery_promoted 2022-08-29 SCORE 9/10

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Synopsis

Cet article analyse comment l'agroécologie s'est devenue une stratégie politique et d'autonomisation pour les femmes indígènes de Chiapas dans leur lutte pour la terre et le droit à décider. L'étude, basée sur une méthodologie féministe appliquée à 27 femmes de deux communautés tzeltal (Amatenango del Valle et Aguacatenango), documente un double diagnostic : d'une part, l'exclusion historique des femmes des droits fonciers persiste, malgré les réformes légales (25% des ejidatarias seulement en 2021, 20% en Chiapas, et moins de 7% aux postes de direction) ; d'autre part, le travail productif des femmes demeure systématiquement invisibilisé. Face à cette oppression structurelle et patriarcale, les femmes développent des pratiques agroécologiques dans leurs traspatios et jardins, intégrant savoirs traditionnels et techniques alternatives. L'article révèle une distinction cruciale : les espaces domestiques agroécologiques prospèrent, tandis que les parcelles familiales et terres communales restent dominées par les agrochimiques—marquant les limites du changement quantitatif. Les auteures s'inscrivent dans le courant affirmant « sans féminisme, il n'y a pas d'agroécologie » et montrent que pour les organisations de femmes, l'agroécologie n'est jamais technique seule, mais un élément intégré de luttes pour l'autonomie alimentaire, la santé et la défense collective du territoire. La tension centrale : l'agroécologie renforce individuellement et collectivement, maintient vivants les savoirs paysans, et constitue une base matérielle pour la défense terre-territoire depuis l'quotidien—mais coexiste avec une réalité inchangée : les titres fonciers restent masculins, les assemblées ejidales masculines, et les droits fonciers égalitaires n'ont pas été gagnés. L'autonomisation par l'agroécologie et la lutte foncière avancent en parallèle, sans (encore) se rejoindre.

En clair

Ce texte montre comment des femmes autochtones du Chiapas créent de petits jardins sans pesticides pour conserver leurs savoirs ancestraux et défendre leur territoire—mais sans avoir les droits fonciers officiels, qui restent aux hommes. Si on veut vraiment soutenir l'autonomie des peuples autochtones, il faut d'abord reconnaître que les femmes ont droit à la terre, pas seulement la permission de cultiver différemment.

Extraits

Bien qu'elle ne génère pas de changements quantitatifs, l'agroécologie renforce les femmes individuellement et collectivement; ses cours arrière agroécologiques maintiennent vivants les savoirs et les ressources pour la vie paysanne

p. 2

Sans féminisme, il n'y a pas d'agroécologie

p. 3

L'agroécologie a été incorporée par les mouvements de femmes et féministes à la campagne, qui ont enrichi cette proposition technique, politique et sociale

p. 3

Parmi les organisations de femmes, l'agroécologie est généralement utilisée comme un élément de luttes plus larges en faveur de l'économie familiale, de la santé alimentaire, de leurs droits humains ou du soin et de la défense de la terre et des territoires

p. 3

On observe que les femmes n'ont pas amélioré leurs conditions d'accès à la terre, dont la propriété reste masculine

p. 2

Le problème de l'exclusion des femmes de la propriété foncière à la campagne est historique et généralisé. Dans certains pays d'Amérique latine, la proportion de femmes ayant des droits sur les terres au début de ce siècle dépassait à peine 10%

p. 4

On remet en question en principe les inégalités de genre qui existent dans les systèmes productifs, mais en soulignant comment celles-ci s'intersectent avec d'autres éléments d'inégalité et de discrimination dans chaque contexte

p. 3

Les femmes réalisent de nombreuses activités pour le maintien de la vie dans les espaces familiaux, communautaires et territoriaux par le biais de pratiques de soin envers les personnes, les autres êtres vivants et les écosystèmes, qui, étant assumées comme naturelles ou propres à leur genre, ne sont pas considérées comme du travail

p. 6

À partir d'un positionnement féministe qui cherche à générer des informations et des connaissances collectives utiles pour la transformation des systèmes d'oppression qui violent les droits des femmes autochtones

p. 3

Dans les jardins et les cours arrière, elles réalisent des pratiques agroécologiques fortement liées à leurs connaissances traditionnelles; cependant, les parcelles familiales et les terres communautaires sont gérées avec un usage intensif d'agrochimiques

p. 2
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