EN_10_Facts-about-peasant-agriculture-in-Europe
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2017 Python PDF Library - http://pybrary.net/pyPdf/ SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document dresse un diagnostic acéré de l'agriculture européenne contemporaine en dix points, révélant une architecture d'inégalités foncières et sociales. En Europe, 97 % des fermes sont petites (moins de 100 ha), mais 2,7 % des grandes fermes contrôlent 50 % des terres agricoles. Or ces petites fermes paysannes surproduisent à l'hectare, créent davantage d'emplois (3,3 unités de travail contre 1,9 pour le lait industriel) et mobilisent moins de ressources fossiles que l'agriculture de monoculture. Malgré cette supériorité productive et écologique, elles disparaissent massivement : un tiers des petites fermes ont fermé entre 2003 et 2013, tandis que 4,8 millions d'emplois agricoles ont disparu en douze ans. La cause ? La Politique Agricole Commune (PAC) concentre 80 % de ses subventions (400 milliards d'euros par an) aux 20 % de plus gros exploitants. Cette mécanique subsidy-driven a shifted des subventions produits vers subventions production (2 vers 51 milliards entre 2000-2011), creusant la concentration. Les petits paysans sont pris en étau : les prix des intrants (engrais, semences, énergie) montent deux fois plus vite que ceux payés pour leurs produits. L'agriculture industrialisée survit par endettement, location foncière, et subventions publiques (jusqu'à 50 % du revenu) redirectionnées vers les grands groupes d'inputs et la retail. Les perdants structurels : femmes (22 % de propriétaires fonciers seulement), travailleurs migrants (80-90 % en Espagne et Allemagne), et jeunes. En Italie, 430 000 travailleurs agricoles sont employés illégalement chaque année, souvent exploités. Ce qui sauve le tableau ? Depuis 2017, une convergence nouvelle des luttes paysannes traversant classe, genre, race et frontières redonne de la capacité d'action aux mondes ruraux.
En clair
Les petites fermes paysannes nourrissent l'Europe avec moins de ressources, mais elles disparaissent parce que l'argent public (PAC) va 80 % aux gros exploitants. Les femmes, migrants et jeunes en paient le prix. Des paysans de tout type se battent ensemble pour inverser ce modèle.
Extraits
Les terres sont contrôlées par les grandes exploitations. Les grandes exploitations (2,7 %) de plus de 100 ha représentent 50 % des terres agricoles totales en Europe.
Avec seulement 30 à 50 % des terres arables totales, les petits agriculteurs nourrissent les peuples d'Europe.
Les systèmes d'élevage bovin nourri à l'herbe consomment 50 pour cent moins d'énergie fossile que les systèmes conventionnels d'élevage bovin nourri aux céréales.
Environ 80 % de l'aide agricole va à environ 20 % des agriculteurs de l'UE - ceux disposant des plus grandes exploitations.
Au cours de la période 2000-2012, 4,8 millions d'emplois à temps plein dans l'agriculture de l'UE ont disparu.
Les lourdes subventions aux exportations agricoles industrielles ont endommagé les paysans en Europe et à l'étranger pendant un demi-siècle.
Les travailleuses migrantes sont particulièrement vulnérables. Elles font face à la discrimination en tant que femmes et en tant que migrantes.
Plus une exploitation agricole est industrialisée et capitalistique, plus elle dépend des intrants industriels.
En 2017, les paysans d'Europe sont unis au-delà des classes, du genre, de la race et des frontières.