Women Peasants are Women – Portugues

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-04-08 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document, publié par l'Articulation de mulheres de La Via Campesina pour la région Afrique australe et orientale (LVC SEAf), livre une analyse intersectionnelle de la violence contre les femmes paysannes. Il part du constat que les femmes paysannes subissent une violence spécifique résultant de l'intersection entre leur condition de femmes (oppression patriarcale) et de paysannes (exploitation capitaliste, néolibérale et néocoloniale).

Un pilier majeur du document est l'accès à la terre et aux ressources de production. Le texte dénonce l'absence quasi-totale de titularisation foncière aux noms des femmes en Afrique australe et orientale. Dans de nombreux pays de la région, la terre demeure collective ou sans titre formel. Quand un titre existe, son coût prohibitif exclut les paysans, et particulièrement les femmes. L'héritage, principal mécanisme d'accès à la terre, reste un droit réservé aux hommes par les traditions locales et le droit coutumier.

Même quand les femmes travaillent la terre, elles ne jouissent pas du contrôle productif. Les hommes gèrent les cultures de rente ; les femmes cultivent seulement pour la subsistance familiale. Elles ne peuvent vendre le fruit de leur travail sans autorisation masculine. Le document établit un lien politique crucial : sans contrôle de la terre, les familles risquent la famine, puisque les hommes privilégient la rente au détriment de la subsistance. Et là où il y a faim, émerge la violence basée sur le genre.

La usurpation de terres (accaparement) aggrave cette situation. Les femmes, principales responsables de l'alimentation familiale, perdent accès à la terre, à l'eau, au bois de chauffage—menaçant directement le droit à l'alimentation et à la santé.

Le document valorise aussi les luttes et succès. Il rapporte l'exemple de Beatrice Komurembe Katsigazi en Ouganda, productrice de ESAFF Uganda, qui a participé à une formation sur le féminisme paysan et populaire. Elle a découvert qu'aucune loi ougandaise n'interdisait aux femmes de posséder des terres. En s'interrogeant : « Comment cela pourrait-il être juste si nous travaillons tous les deux la terre de la même façon ? », elle a ajouté son nom au titre de propriété—geste juridique et symbolique majeur.

Le texte souligne l'importance de l'éducation politique et de l'union des femmes paysannes pour transformer les réalités d'accès, de contrôle et de souveraineté foncière. La voix du document est explicitement intersectionnelle et anti-systémique : elle critique le patriarcat, le capitalisme, le néolibéralisme et le néocolonialisme comme des systèmes imbriqués opprimant les femmes paysannes.

En clair

En Afrique australe, les femmes paysannes ne possèdent presque jamais légalement la terre qu'elles cultivent : c'est le mari ou le père qui a le titre, si titre il y a. Résultat : elles peuvent être expulsées à tout moment, et leur famille risque la famine. Des organisations paysannes féministes comme La Via Campesina travaillent à changer cela en montrant aux femmes qu'elles ont le droit légal de posséder et contrôler la terre—pas seulement de la cultiver.

Extraits

les paysans, et les femmes paysannes en particulier, n'ont pas toujours accès ou possession de ces ressources, et nous sommes fréquemment exposées à des déplacements et conflits autour de ceux-ci

p. 5

En Afrique du Sud, nous n'avons pas beaucoup de femmes propriétaires de terres et la majorité des terres de notre pays appartient toujours à des agriculteurs blancs

p. 5

Les femmes au Congo travaillent la terre qui appartient à leurs maris. La société ne nous permet pas d'être propriétaires de terre car nous sommes des femmes. La titularisation de la possession [...] est un droit réservé aux hommes

p. 5

Le principal mécanisme d'accès à la terre pour les femmes est par voie d'héritage, qui est généralement transmis aux hommes de la famille

p. 5

où il y a la faim, il y a la violence, en particulier la violence basée sur le genre

p. 6

En 2019, elle a participé à une formation sur le Féminisme Paysan et Populaire, où elle a appris qu'il n'y avait aucune loi en Ouganda qui interdisait aux femmes de posséder des terres

p. 7

Comment cela pourrait-il être juste si nous deux travaillons la terre de la même façon ?

p. 7

L'usurpation des terres est une autre forme de violence qui affecte les paysans dans tous les pays de la région. Le déplacement de leurs terres affecte encore plus directement les femmes

p. 5
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