¿Qué es un campesino? ¿Qué son los campesinados? Un breve documento sobre cuestiones de definición
discovery_promoted 2021-12-27 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document de Marc Edelman, présenté au Groupe de Travail Intergubernamental de l'ONU sur les Droits des Campesinos (2013), offre une généalogie critique des définitions du terme « campesino » et des « campesinados ». L'auteur distingue quatre régimes de définition : historiques, scientifiques, activistes, et normatifs. Sur le plan historique, Edelman retrace comment le mot « paysan » a porté des connotations péjoratives (rústico, ignorant, stupide) dès le Moyen Âge et l'époque moderne, servant de justification idéologique à l'expulsion des paysans de la terre et à leur prolétarisation. Il documente les systèmes légaux d'asservissement en Europe (subordination structurelle, restrictions de mobilité) et en Amérique latine (peonaje, huasipungo, colonato, yanaconaje, inquilinaje), qui ont persisté jusqu'au XXe siècle. Le texte montre comment les révolutions du XXe siècle (Mexique, Chine, Russie, Bolivie) ont politisé la catégorie « campesino » en en faisant un marqueur d'identité collective et de lutte, tout en illustrant les tensions entre cette catégorie et les identités indigènes. La section sur les définitions des sciences sociales souligne le rôle central que les paysans ont joué comme acteurs politiques majeurs (guerres et révolutions paysannes en Asie, Afrique, Amérique latine), motivant un renouveau de l'intérêt académique. Le document met implicitement en avant la question cruciale : comment définir les paysans dans les instruments internationaux de droits humains, tant le enjeu est politique et pertinent pour les mouvements agraires contemporains comme la Vía Campesina.
En clair
Ce texte explique que les paysans ont longtemps été légalement esclaves ou quasi-esclaves (peonaje en Amérique latine, servage en Europe), sans droits, sans liberté de bouger—et que cette oppression justifiait leur expulsion de la terre. Après les révolutions du XXe siècle, les paysans eux-mêmes ont repris le mot « campesino » comme badge politique collectif pour se battre, ce qui montre que la définition d'un paysan n'est pas une simple question technique : c'est une question de pouvoir et de liberté.
Extraits
les paysans étaient des êtres légalement, politiquement, socialement et économiquement inférieurs en Europe médiévale. La subordination structurelle des paysans aux non-paysans s'exprimait de nombreuses façons, de jure et de facto
les politiques destinées à expulser les paysans de la terre et les convertir en travailleurs agricoles
les systèmes de jure et de facto du servage par dette et du travail non rémunéré ont persisté au moins jusqu'au milieu du XXe siècle (appelés huasipungo en Équateur, colonato en Bolivie et Amérique centrale, yanaconaje au Pérou, inquilinaje au Chili et cambão au Brésil)
Dans les années trente, les paysans insistaient qu'il était possible d'être paysan et catholique, ou paysan et indigène, ou paysan et résident de tel ou tel village... Ils ont contredit la proposition selon laquelle les paysans avaient une essence sociale unidimensionnelle basée uniquement sur leurs intérêts économiques
en Bolivie, après la révolution de 1952, paysan est devenu une catégorie administrative officielle, avec la création d'un Ministère des Affaires paysannes. Le terme a remplacé et fini par masquer le caractère divers et essentiellement indigène de la population rurale
Au cours du demi-siècle précédent, les guerres et révolutions paysannes au Mexique, en Chine, en Algérie et au Vietnam, entre autres, ont montré que les paysans étaient devenus des protagonistes politiques majeurs
Les définitions activistes utilisées par les mouvements agraires — en particulier La Vía Campesina et ses organisations membres — qui s'auto-identifient avec le terme paysan ou avec d'autres termes similaires
La question de comment définir paysan et paysannat a une histoire longue, compliquée et polémique