Why We Oppose the Principles for Responsible Agricultural Investment
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2010-10-05 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une déclaration collective d'opposition aux « Principes pour l'Investissement Agricole Responsable » (RAI) promus depuis 2010 par la Banque mondiale, la FAO, l'IFAD et l'UNCTAD. Cosignée par La Via Campesina, FIAN International, le Land Research Action Network, GRAIN et d'autres, cette critique soutient que les RAI légitimisent en réalité l'accaparement des terres à grande échelle par les entreprises transnationales et nationales, au détriment des paysans, des sans-terre, des pasteurs et des peuples autochtones. Les auteurs démontrent, principe par principe, que le cadre RAI est fondamentalement inadéquat pour protéger les droits humains et internationaux, en particulier le droit à l'alimentation et la souveraineté alimentaire. Ils soulignent que les questions de droits fonciers ne sont pas des enjeux techniques à résoudre par la transparence ou la consultation, mais des enjeux profondément politiques mettant en jeu les rapports de force entre le capital, l'État et les classes paysannes. Le texte affirme que seules des réformes agraires véritables—incluant la redistribution des terres et la reconnaissance des droits des générations futures—peuvent satisfaire aux obligations des États en matière de droit humain à l'alimentation. En contextualisant la croissance démographique africaine future et la disparition du foncier paysan, le document met en lumière l'impossibilité foncière de concilier l'accaparement corporatif à grande échelle avec la sécurité alimentaire des populations rurales.
En clair
Ce texte explique que les règles proposées par la Banque mondiale pour « encadrer » les investissements agricoles ne protègent pas vraiment les paysans—elles facilitent en réalité la prise de contrôle des terres par les grandes entreprises. Pour vraiment garantir à manger à tous, il faut d'abord faire des réformes agraires qui donnent la terre aux paysans eux-mêmes.
Extraits
la prise de contrôle à long terme par les entreprises (étrangères et nationales) des terres agricoles des populations rurales
L'accaparement des terres ferme l'accès à de vastes étendues de terres à l'usage actuel et futur par les paysans et les nomades, et viole donc ces obligations
le concept de « droits fonciers existants » ne couvre pas le droit des personnes sans terre de (re)conquérir un accès effectif à la terre
la réforme agraire -- y compris la redistribution des terres -- est une mesure obligatoire en vertu du droit humain à l'alimentation
décider qui dispose de droits sur quelles ressources foncières est essentiellement une question politique qui implique des intérêts conflictuels et des rapports de pouvoir
les intérêts du capital, favorisant les riches (et l'État) l'emportent, conduisant à la marginalisation accrue des paysans et des classes ouvrières
La production alimentaire nette pourrait augmenter en raison d'investissements à grande échelle dans l'agriculture industrielle, mais au prix inacceptable de la dépossession des communautés locales de leurs terres
c'est souvent par des processus transparents et même « légaux » que les communautés agricoles, de pêche, pastorales et forestières sont dépossédées