Cooperativas de vivienda: experiencia en Uruguay
discovery_promoted 2019-02-19 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Cet article académique analyse les modèles de coopératives d'habitat en « cesión de uso » (cession d'usage), avec un focus sur l'expérience uruguayenne. L'autrice retrace d'abord les origines du coopérativisme au XIXe siècle, ancré dans les luttes de la classe ouvrière (socialistes utopiques Fourier et Owen, pionniers de Rochdale 1844). Elle expose ensuite quatre modèles mondiaux : le modèle Andel scandinave, fondé sur gestion coopérative et propriété commune avec démocratie participative (un résident = un vote) ; le Wohnprojekte allemand (années 1970), réunissant des groupes refusant le marché individuel du logement ; le modèle canadien, avec soutien d'État (terrains cédés, financement public) ; et le modèle de FUCVAM en Uruguay. Tous partagent trois principes : réinvention du droit au logement par propriété collective qui bloque la spéculation et réduit les prix ; participation et autogestion démocratique ; élargissement de l'habitat via espaces communs et services sociaux. En Uruguay, les premières expériences émergent en 1966 (Salto, Fray Bentos, Isla Mala) sous l'impulsion du Centro Cooperativista del Uruguay (CCU), institutionnalisées par la Ley Nacional de Vivienda (1968). Le texte souligne que ce modèle parvient à prioriser la valeur d'usage sur la valeur d'échange marchande, permettant un accès au logement pérenne et héritable tout en bloqueant la possibilité de spéculer. Le contexte uruguayen est politiquement tendu : affrontement entre oligarchie nationale (propriétaires terriens et capital financier) et mouvements populaires en faveur de solutions collectives. L'article présente la cesión de uso comme une critique pratique et institutionnelle de la propriété privée individuelle appliquée au logement, inscrite dans une longue généalogie coopérativiste.
En clair
Ce texte montre comment en Uruguay et ailleurs, des collectifs ont bâti des systèmes où les gens achètent le droit d'habiter un logement ensemble, mais le logement lui-même reste propriété commune — ce qui empêche de revendre plus cher et de faire expulser les pauvres. C'est du droit d'usage permanent, géré démocratiquement, contre la spéculation immobilière.
Extraits
Prime le droit de jouissance et d'usage du logement, au-delà de la spéculation qui le traite comme bien marchandisé.
Les coopératives émergent comme une revendication collective, comme une proposition alternative pour répondre aux besoins partagés par la classe ouvrière.
La communauté théorisée par Charles Fourier, « le phalanstère » ; ainsi que les expériences communautaires du Britannique Robert Owen (la communauté New Harmony).
La cession d'usage établit que tous les membres de la coopérative partagent la propriété, jouissant du droit d'usage du logement de façon indéfinie, avec la possibilité de transférer ce droit.
Projets de groupes de personnes qui ne peuvent ou ne veulent résoudre l'accès au logement par le marché et de façon individuelle.
Réinventer le droit au logement à partir d'une proposition de propriété collective : on rompt avec l'idée de propriété privée.
On bloque la possibilité de spéculer, seul l'usage peut être jouissant.
Permettant ainsi de faire primer la valeur d'usage du logement sur la valeur d'échange.
Le rôle de l'État apparaît comme fondamental pour que le modèle prospère. Dans de nombreux cas, il a été fondamental de pouvoir construire sur des terres cédées par l'administration publique.
Moment historique de dur affrontement social dans le pays entre l'oligarchie nationale (les propriétaires des terres et du capital financier).