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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-01-15 Skia/PDF m133 Google Docs Renderer SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce discours de Paola Laini, jeune agricultrice italienne et membre de La Via Campesina, pose la souveraineté alimentaire au cœur des luttes contemporaines contre l'impérialisme, les accords de libre-échange et la dépossession. La Via Campesina définit la souveraineté alimentaire comme le droit des peuples et des États à décider leur politique agricole et alimentaire, mais aussi, plus profondément, comme la liberté de chacun de choisir ce qu'il mange, par qui c'est cultivé, sur quelles terres et avec quelles semences. Le texte articule cette notion à des enjeux de réforme agraire, d'accès à la terre, d'agroécologie et de protection des droits des paysans. L'auteure soulève une question centrale : pourquoi les gouvernements craignent-ils la souveraineté populaire ? Elle répond par une anecdote puissante sur la Palestine : les paysans palestiniens cultivent malgré la dépossession, l'absence d'eau et la violence, plantant des arbres sur un mètre carré, sur des terrasses, sur des rebords de fenêtres, voire en les dessinant sur les murs. Cette résilience paysanne, autonome et créative, est la force qui menace l'ordre actuel. Le discours appelle à une convergence intersectionnelle : au-delà des paysans, il faut que les travailleurs agricoles, les chercheurs, les consommateurs et les mouvements de justice sociale et écologique s'unissent. La Via Campesina, après 30 ans de mobilisation autour de ce concept, engage un processus de deepening et d'élargissement de la souveraineté alimentaire, porté notamment par le Nyéléni Global Forum. Le texte porte une critique radicale de l'ordre impérialiste et appelle à la globalisation de la lutte et de l'espérance.
En clair
Ce texte explique que pour vraiment se nourrir librement, les peuples et les paysans doivent pouvoir décider eux-mêmes comment et quoi cultiver, loin des règles du commerce qui les ruinent. L'exemple de la Palestine montre que même sous la répression et la dépossession, les paysans continuent à cultiver : c'est leur force, et c'est pour ça que les gouvernements en ont peur.
Extraits
La Souveraineté Alimentaire, c'est la liberté de décider, pour vous-même, votre famille, votre communauté, votre territoire, votre pays, la nourriture que vous voulez manger, les mains et les cœurs qui l'ont cultivée, les bouches qui la mangeront, les semences et comment elles germeront, dans quelles eaux et dans quels sols.
La Via Campesina définit la Souveraineté Alimentaire comme « le droit des peuples, des Pays ou des Unions d'États de définir leur politique agricole et alimentaire, sans aucun dumping vis-à-vis des pays tiers ».
La Souveraineté Alimentaire résonne avec les voix des Peuples, des voix en colère qui crient pour mettre fin à toutes les guerres, arrêter tous les Accords de Libre-Échange, briser l'impérialisme, sortir l'agriculture de l'OMC, obtenir une Réforme Agraire, l'accès à la terre et aux territoires.
Nous devons défendre cette liberté, ce Droit, et nous devons défendre la Souveraineté Alimentaire contre toute forme de co-optation et d'accaparement.
Le peuple palestinien que j'ai eu la chance de rencontrer est le peuple le plus paysan que j'aie jamais rencontré. Ils cultivent au risque de leur vie et de leur santé, ils cultivent même si l'eau et la terre leur sont arrachées.
La Souveraineté des Peuples est autonome et résiliente et constitue la solution la plus forte pour surmonter toute crise. Parce que la Souveraineté des Peuples connecte plutôt que de diviser les peuples et trouve dans la diversité – humaine et écologique – sa meilleure stratégie.
Pour défendre la Souveraineté Alimentaire, nous avons besoin des voix de tous. Non seulement des paysans, mais aussi des travailleurs agricoles et alimentaires, des chercheurs, des consommateurs, des mouvements qui luttent pour la justice sociale et écologique. Et là, à la toute première ligne de notre marche sans fin, nous embrassons les minorités de tous ordres.
Près de 30 ans après la création du concept de Souveraineté Alimentaire, le mouvement a lancé un processus pour approfondir et élargir ce concept et a invité les mouvements mondiaux à articuler une convergence intersectionnelle vers des propositions conjointes pour un changement systémique.