Women Peasants are Women – SWAHILI
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025 PDFium SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document de La Via Campesina (région Afrique de l'Est et australe) analyse la violence de genre spécifique aux femmes paysannes en Afrique du Sud, de l'Est et centrale. Il adopte une perspective intersectionnelle pour montrer que les femmes paysannes subissent une triple discrimination : en tant que femmes (soumises au patriarcat), en tant que paysannes (exploitées dans le système capitaliste et colonial actuel), et surtout à l'intersection de ces deux conditions. L'enjeu central est l'accès à la terre et son contrôle. Le texte révèle comment les régimes fonciers coutumiers — largement patriarcaux — maintiennent les femmes dans une dépendance structurelle : la terre se transmet de père en fils, les femmes n'y accèdent que par les hommes (mari ou père). Même quand elles cultivent, elles n'en contrôlent pas l'usage : les hommes décident des cultures « commerciales » tandis que les femmes produisent les cultures vivrières pour la famille. Avec 80 % de la production alimentaire en Afrique, les femmes sont invisibles dans les décisions. Le déplacement forcé les affecte différemment : perte simultanée de terre, de moyens de subsistance et de sécurité alimentaire familiale. Le document documente des succès : des femmes qui, en apprenant leurs droits, ont réussi à faire inscrire leur nom sur les titres de propriété. Beatrice en Uganda illustre ce tournant : en 2019, elle apprend qu'aucune loi n'interdit aux femmes de posséder la terre, persuade son mari, et obtient son nom sur le titre. Cette reconnaissance légale simple transforme son autonomie et sa sécurité. L'ouvrage mobilise des témoignages de femmes paysannes du Congo, du Zimbabwe, de Mozambique et d'Afrique du Sud pour montrer que cette oppression n'est ni naturelle ni inévitable.
En clair
En Afrique, les règles d'héritage et de mariage empêchent les femmes de posséder la terre qu'elles cultivent — ce qui les rend vulnérables si le mari meurt ou s'en va. Pourtant, quand on change les papiers pour y mettre le nom de la femme, elle retrouve du pouvoir. Ce texte peut servir à montrer que les droits fonciers des femmes paysannes ne sont pas impossibles, et qu'ils changent concrètement les choses.
Extraits
Le troisième niveau est la cruauté unique que nous rencontrons du fait de l'interaction entre deux niveaux : être des femmes et être de petits agriculteurs.
Quand mon mari est décédé, certains de mes frères ont essayé de me chasser de la terre et voulaient la prendre pour eux.
Les hommes s'occupent souvent de cultures reconnues comme commerciales et nous femmes nous sommes autorisées à cultiver des cultures alimentaires, pour le bien-être de la famille.
Il est clair que là où il y a faim, il y a cruauté, notamment la cruauté sexuelle.
Le déplacement sur les terres nous affecte davantage en tant que femmes, directement, parce que nous sommes celles qui sommes responsables de nourrir la famille, tout en n'ayant pas de terre à cultiver.
Maintenant, notre acte de propriété foncière porte aussi mon nom
nous les femmes produisons 80 pour cent de la nourriture sur le continent africain