Discours lors de la cérémonie de transition, 30 novembre 2021
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-12-10 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Discours prononcé le 30 novembre 2021 par la nouvelle coordinatrice générale de La Via Campesina, synthétisant les trois axes stratégiques du mouvement paysan international : droits paysans, réforme agraire intégrale, et souveraineté alimentaire. L'orateur·ice établit la légitimité écologique et nourricière des paysanneries : 70 % de l'alimentation mondiale produite par 30 % des ressources, via des pratiques agroécologiques durables (polyculture-élevage, agro-foresterie). En face, le capitalisme détruit cette capacité productive par concentration foncière, privatisation de l'eau, monopole sur les semences, et répression physique. Le texte énumère l'offensive systémique : destruction des productions locales, interdiction des pratiques traditionnelles, accaparement transactionnel (notamment pour crédits carbone), mainmise génétique par les multinationales, exploitation des migrants ruraux. Trois réponses : (1) Protection des droits humains paysans face à la répression — victoire 2018 : Déclaration ONU pour les Droits des Paysans. (2) Réforme agraire intégrale : accès juste aux terres (jeunes, sans-terre, migrants, femmes) et à l'eau autonome, non industrielle. (3) Défense de la biodiversité agricole contre l'offensive des semencières alliées aux géants de l'internet, qui cherchent à lever les limitations contre OGM et imposer la biologie de synthèse. Le discours positionne les luttes paysannes comme intrinsèquement liées à la survie planétaire : sans agriculture paysanne = famine de masse ; sans souveraineté alimentaire = démocratie creuse ; sans contribution paysanne à la biodiversité = effondrement des conditions de vie terrestre.
En clair
Ce discours, c'est une déclaration de guerra contre l'agro-industrie et les multinationales qui privatisent les terres et les semences. Les paysans du monde entier disent : on produit 70 % de la nourriture, on sait cultiver sans poison, et on continue à se battre pour que les jeunes et les sans-terre puissent avoir de la terre et s'auto-suffire.
Extraits
L'agriculture paysanne fournit l'alimentation pour plus de 70 % de la population mondiale avec moins de 30 % des ressources productives.
Nous, les petits producteurs, sommes un obstacle à cette concentration de pouvoir sans précédent.
Droits paysans, réforme agraire, souveraineté alimentaire.
Nous avons réussi en 2018 à faire adopter par l'assemblée générale des Nations Unies la Déclaration pour les Droits des Paysans et des autres personnes travaillant en zone rurale.
Face à l'accaparement des ressources naturelles que sont la terre, l'eau et les semences, nous affirmons la nécessité d'une réforme agraire intégrale.
Les cultures associées agroécologiques produisent toujours plus par unité de surface que toutes les monocultures industrielles sous perfusion chimique.
Sans souveraineté alimentaire, la démocratie est un vain mot.
Les multinationales semencières se sont alliées aux grandes entreprises de l'internet pour relancer les biotechnologies.
Lorsque cette diversité est attaquée, ce sont tous les équilibres de la vie sur terre qui craquent.