Carta Aberta Despejo Zero SP
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2022 Skia/PDF m101 Google Docs Renderer SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Lettre ouverte brésilienne d'alerte face à une crise massive d'expulsions urbaines. Le document documente une situation critique : environ 42.600 familles menacées d'expulsion dans l'État de São Paulo (170.000 au Brésil) à partir du 31 mars, suite à l'expiration d'une suspension temporaire des expulsions ordonnée par le Supremo Tribunal Federal en raison de la pandémie. Ces familles ont occupé collectivement des bâtiments et terrains vides et ociosos (improductifs) pour créer un habitat collectif et cultiver de la nourriture. Le texte situe cette crise dans un contexte structurel d'effondrement social : 14 millions de chômeurs, 55,2% de la population en insécurité alimentaire (19,1 millions en famine), 66.000 sans-abri à São Paulo (croissance de 3x depuis 2019). Le document repose sur un argument central de légitimité : les occupations donnent une « fonction sociale » aux espaces, ce qui prime sur la propriété spéculative. Au-delà de l'urgence, il affirme que les occupations constituent une réponse pratique et faisable au déficit structurel de logement, une production collective d'habitat hors du marché. Le texte souligne fortement la dimension intersectionnelle : les expulsions touchent principalement les femmes noires, majoritaires dans les occupations. La mobilisation « Campanha Nacional Despejo Zero » unit plusieurs mouvements, communautés et occupations urbaines autour d'une revendication double : prolongation immédiate de la suspension STF, et solution structurelle permanente (reconnaissance des occupations, réforme du logement). C'est une articulation entre urgence pandémique et vision politique anti-spéculative : les occupations démontrent qu'un habiter collectif, hors du marché et de la propriété exclusiviste, est à la fois nécessaire et possible.
En clair
Au Brésil, des dizaines de milliers de familles pauvres occupent collectivement des immeubles vides pour loger leurs enfants et cultiver de la nourriture — parce que l'État refuse de construire du logement social. Ce texte dit : cette occupation est légitime, elle fonctionne, elle crée une propriété collective sortie du marché. Pratique pour : comprendre qu'une réforme du foncier urbain peut venir « d'en bas » par les occupations ; rejoindre une mobilisation contre les expulsions massives.
Extraits
Ocupamos prédios e terrenos que antes estavam vazios, ociosos e improdutivos. Limpamos, cuidamos e moramos e, portanto, damos uma função social a esses lugares.
Construímos ali nossas casas, damos abrigo seguro às nossas crianças, plantamos para nos alimentar, e temos agora, uma vez mais, o nosso direito a ter um teto e uma terra ameaçados.
O lucro não pode estar acima da vida! É dever do poder público garantir a proteção à vida e a segurança da população, evitando os despejos
As ocupações apresentam - na prática - a solução pra falta de teto e terra. Com dificuldades e precariedades, famílias são empurradas a construir coletivamente
Tem mais espaço vazio do que gente sem teto. Então nós vamos ocupar! E temos o direito de permanecer!
É óbvio que estamos diante de uma questão que atinge principalmente as mulheres negras, maioria nas ocupações e comunidades.
Somos várias comunidades e movimentos, com nossas concordâncias e diferenças. Mas estamos unidos em defesa da vida!