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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-07-08 Adobe PDF Library 17.0 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cet interview capture le témoignage de Susan Owiti, militante féministe et paysanne kenyane, co-fondatrice de la Kenyan Peasants League (KPL) et membre de La Vía Campesina, suite à une victoire juridique majeure du 7 mars 2025 contre le gouvernement kenyan sur l'importation d'OGM. L'article dépasse la critique environnementale habituelle des OGM pour mettre au centre les impacts sanitaires directs et profonds — mentaux et physiques — particulièrement pour les femmes paysannes. Owiti explicite le mécanisme de contrôle corporatif : les multinationales biotechnologiques (Bayer AG notamment) ciblent délibérément les paysannes en promettant l'« autonomisation » des femmes, mais les enferment en réalité dans des cycles d'endettement inévitables. Puisque les semences hybrides et OGM sont brevetées et ne peuvent légalement être reproduites, les paysannes doivent emprunter chaque saison — créant une vulnérabilité permanente. Cette précarité économique s'entrelace avec la violence de genre : quand des femmes contractent des dettes sans consentement du mari, elles risquent les violences domestiques ; quand elles ne peuvent rembourser, c'est la dépression, le stress, parfois le suicide. L'interview présente la réponse de la KPL : l'organisation paysanne via l'agroécologie politique, le développement de banques de semences indigènes (reproductibles librement), et l'action collective incluant un centre d'accueil pour femmes victimes de violences et de dépossession foncière créé en 2022. L'agroécologie n'est pas présentée comme technologie alternative, mais comme récupération de l'autonomie et du savoir paysans. Texte d'une densité politique rare qui noue trois enjeux centraux : souveraineté alimentaire, féminisme agraire, et résistance à l'accaparement foncier et semencier.
En clair
Des femmes paysannes kenyanes qui empruntent pour acheter des semences de multinationales se retrouvent piégées dans la dette, ce qui provoque de la dépression et des violences conjugales. La Kenyan Peasants League montre une voie : cultiver l'agroécologie et reproduire ses propres semences pour reprendre le contrôle de sa nourriture, sa terre, et sa sécurité.
Extraits
Les entreprises de biotechnologie européennes telles que Bayer AG ont vendu des pesticides au Kenya qui sont interdits dans l'UE en raison de leurs risques pour la santé humaine.
Les semences hybrides et les OGM ont beaucoup contribué aux problèmes de santé mentale des femmes, en particulier pour les petits producteurs alimentaires.
Il est illégal de conserver les semences hybrides et les OGM d'une saison à l'autre – parce qu'elles sont brevetées. Cela signifie que chaque fois que les agriculteurs veulent cultiver, ils ont besoin d'argent.
La violence basée sur le sexe survient souvent lorsque les femmes signent des documents qu'elles ne comprennent pas, et peut-être le font-elles sans le su ou le consentement de leur mari.
Ce sont les femmes qui s'assurent que le monde a assez de nourriture, mais quand il s'agit de prise de décision et de questions d'accès, elles font face à beaucoup de violence et de discrimination.
Récemment, en 2022, nous avons avec succès collecté des fonds pour acheter des terres pour un centre de secours pour les femmes confrontées à la violence basée sur le sexe et aux accaparements de terres.
L'agroécologie nous donne le pouvoir de l'indépendance : nous avons nos propres semences, nous avons nos propres connaissances, et donc nous ne pouvons pas être trompés par les entreprises.
Préservons-les, multiplions-les, parce que c'est le seul moyen que nous avons de combattre les entreprises multinationales.
Quand les femmes ne peuvent pas rembourser à temps, cela peut mener à la dépression, au stress ou même au suicide.