Balanco-Despejo-Zero-outubro-2022
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2022-10-25 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce document brésilien de la Campanha Despejo Zero (octobre 2022) expose un bilan de la crise du logement au Brésil et des expulsions forcées. Une coalition nationale de plus de 175 organisations, entités et mouvements sociaux a documenté collaborativement ce problème depuis 2020, durant la pandémie de Covid-19 mais en réponse à un enjeu structurel des villes brésiliennes : l'inaccessibilité du logement pour les masses. Le contexte socio-économique est catastrophique : 5,8 millions de domiciles en déficit habitationnel, 24,9 millions en situation inadéquate, 33 millions de personnes vivant dans la faim (doublement en deux ans), et 12 millions contraintes de choisir entre payer le loyer ou nourrir leurs enfants. Le gouvernement fédéral a drastiquement réduit les investissements publics : 98% de ressources supprimées pour la production de logements sociaux destinés aux familles à très bas revenu (jusqu'à R$1.800/mois). De manière exemplaire pour notre thématique, le document établit une connexion explicite entre la crise urbaine du logement et l'effondrement parallèle de la réforme agraire (diminution de 99,5% des ressources en 2021). La campagne Despejo Zero dénonce les expulsions et relocalisations forcées comme des violations massives de droits humains et du droit constitutionnel au logement. Elle insiste sur un principe politique fondamental : la « segurança da posse » (sécurité de la possession), protection constitutionnelle contre les expulsions arbitraires. Cette notion d'inviolabilité du droit d'occupation rapproche directement le document de nos enjeux de propriété d'usage et de tenure security. Enfin, le document cadre le logement comme une porte d'entrée — « porta de entrada para os direitos » — aux autres droits sociaux : sans toit, les familles perdent l'accès à l'éducation, à la santé, à toute dignité territoriale.
En clair
Au Brésil, 175+ organisations s'unissent pour crier que les expulsions massives de logements, c'est un crime : 33 millions de gens ont faim, l'État coupe 98% du budget pour les maisons sociales, et pendant ce temps les familles pauvres perdent aussi toute chance de s'éduquer ou de rester en bonne santé. Sans toit, tout s'écroule. C'est la même lutte que pour accéder à la terre à la campagne : des pauvres qu'on empêche de vivre nulle part.
Extraits
L'un des éléments fondamentaux du droit à un logement adéquat est la sécurité du logement, c'est-à-dire la protection contre les expulsions forcées.
La Campagne Expulsion Zéro vise à dénoncer les violations des droits humains qui ont été systématiquement invisibilisées au Brésil : les expulsions et les déplacements forcés.
Le nombre de Brésiliens souffrant de la faim a doublé au Brésil au cours des deux dernières années et a atteint 33 millions de personnes en 2022. Parmi ces personnes qui souffrent de la faim, au moins 12 millions doivent choisir entre payer le loyer ou manger et nourrir leurs enfants.
Le gouvernement fédéral a coupé 98% des ressources pour la production de logements pour les familles ayant un revenu jusqu'à R$1 800, qui composent la majeure partie du déficit de logements.
Diminution de 99,5% des ressources pour les actions de Réforme Agraire et de Régularisation Foncière
Le logement est la porte d'entrée aux droits. Sans logement adéquat, les familles peuvent perdre le lien avec l'école, avec les centres de santé.
Depuis 2020, la Campagne Expulsion Zéro réunit des informations de manière collaborative. Les organisations, entités et mouvements sociaux qui travaillent auprès des communautés menacées ont été les principales sources d'information.