Nous qui désirons sans fin

CRAS (Centre de Recherches sur les Alternatives Sociales) 2006-11-13 Adobe PDF Library 7.0 SCORE 4/10

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Synopsis

Ce texte de Raoul Vaneigem, philosophe issu de l'Internationale situationniste, présente une critique radicale du capitalisme comme « économie parasitaire » et stade ultime de l'exploitation de l'homme et de la nature. L'auteur trace une généalogie historique en distinguant trois phases : une « économie de cueillette » pré-historique (harmonieuse, créative, non-hiérarchique) ; une phase agricole (moment où s'institue la domination conjointe sur la nature et la femme) ; enfin l'industrie et le capitalisme contemporain (apothéose de la prédation systématique). Vaneigem argue que l'économie marchande a transformé la relation humaine en rapport marchand, forçant l'humanité à survivre pour l'économie au lieu de vivre. Cette inversion est au cœur de sa critique : « Les hommes ont renoncé à vivre pour assurer la survie d'une économie censée garantir la survie de l'espèce. » Le texte analyse une impasse contemporaine : une oligarchie financière accumule un capital qu'elle ne réinvestit plus dans la production réelle ; une terre épuisée par la rentabilité cesse de nourrir les peuples. Face à cette fatalité, Vaneigem appelle à une rupture radicale et évoque l'émergence d'une « internationale du genre humain » menée par l'affranchissement des femmes, une volonté de vivre collective opérant « du Chiapas à l'Oural ». Le texte reste cependant au niveau philosophique et généalogique. Il n'offre pas de solutions institutionnelles concrètes (communs fonciers, propriété d'usage, coopératives, agroécologie), mais pose les fondations pour une critique radicale des rapports de domination inhérents au capitalisme.

En clair

Ce texte explique pourquoi le capitalisme a échoué : il a épuisé la terre au lieu de la nourrir. Utile pour comprendre que les solutions alternatives doivent sortir du système marchand — mais le texte ne dit pas comment construire ces alternatives concrètement.

Extraits

Elle fonde sur le pillage et la destruction une civilisation où le rapport marchand se substitue à la relation humaine.

p. 2

Les hommes n'ont conquis la terre que pour s'en laiser exproprier par le système de profit et de pouvoir dont ils tenaient leur conquête.

p. 2

Il lui suffit de cette volonté de vivre individuelle et collective qui du Chiapas à l'Oural invente une humanité dont le vieux monde usurpait le nom pour en nier la qualité.

p. 1

Jamais n'a été pressentie aussi universellement l'exigence de privilégier le vivant sur le totalitarisme de l'argent et de la bureaucratie financière.

p. 1

L'accumulation d'argent improductif et l'état d'une terre épuisée d'avoir produit de la rentabilité au lieu de nourrir les peuples désigne l'impasse d'une économie.

p. 3

Les hommes ont renoncé à vivre pour assurer la survie d'une économie censée garantir la survie de l'espèce.

p. 2

ou prendre le plaisir de vivre et saisir à la gorge quiconque se met, au nom de l'économie, en travers de notre chemin.

p. 1
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