EN-ECVC-recommendations-for-the-European-elections-in-June-2024
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2024-04-16 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce manifeste politique de l'ECVC s'adresse au Parlement européen avant les élections de juin 2024. Il dresse un diagnostic cinglant de la crise agricole européenne : le nombre de fermes a chuté de 15 à 9 millions depuis 2003, l'âge moyen des fermiers atteint 57 ans, et les politiques de l'UE — malgré les promesses initiales de la Green Deal — servent les intérêts des multinationales plutôt que ceux des paysans et des citoyens. Les mobilisations de fermiers depuis janvier 2024 (demandes de prix justes, fin des accords de libre-échange, simplification bureaucratique) reflètent ce malaise systémique.
Face à cette crise, le texte promeut une alternative explicite : l'agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire comme seule réponse durable aux crises écologiques, sanitaires et sociales. Trois demandes centrales structurent le manifeste. Première : garantir des prix justes et réguler les marchés, notamment via la réforme de la PAC, la création de stocks publics de nourriture et l'interdiction de la spéculation. Deuxième : protéger l'agriculture locale en reformulant les règles commerciales autour de la souveraineté alimentaire, pas du libre-échange mondialisé qui exacerbe la concurrence déloyale. Troisième : défendre les droits des paysans sur les semences et la terre — en s'opposant à la dérégulation des OGM (notamment les NGTs) qui privatisent les semences entre les mains de quelques multinationales, et en exigeant une directive européenne combattant la concentration foncière par la régulation des marchés, les banques de terres publiques et les droits de préemption pour les jeunes.
Le texte articule des demandes institutionnelles concrètes ancrées dans des pratiques paysannes existantes, appelant à un renouvellement générationnel massif et à une solidarité reliant l'urbain au rural, l'Europe au reste du monde.
En clair
Les paysans européens disent au Parlement : « Vos politiques laissent mourir les petites fermes et donnent le pouvoir aux géants des semences et de la terre. Donnez-nous des prix dignes, le droit de garder nos semences, et du terrain pour les jeunes. » Si tu cultives, si tu veux manger local, ou si tu cherches à nourrir ta région sans dépendre des multinationales, ce texte parle pour toi.
Extraits
Les paysans continuent d'apporter des solutions et de l'espoir aux populations. Ils continuent de cultiver concrètement un modèle agricole alternatif, plus résilient, basé sur la souveraineté alimentaire et l'agroécologie paysanne.
La PAC et les règles du marché agricole doivent garantir des prix équitables aux producteurs, reflétant les coûts de production.
Mettre en œuvre une directive européenne sur les terres agricoles qui lutte contre la concentration foncière en réglementant les marchés fonciers, le transfert des droits d'usage des terres, la création de banques publiques de terres ou même par des droits de préemption pour les jeunes et l'agroécologie.
Pour pratiquer l'agriculture agroécologique, les agriculteurs ont besoin de semences adaptées à leurs conditions de culture locales et doivent donc pouvoir sélectionner leurs propres semences paysannes.
Mettre en concurrence les agriculteurs de l'UE et des pays tiers sur des produits qui pourraient être cultivés localement ne fera qu'aggraver le dumping ainsi que faire baisser les prix et par conséquent les salaires.
L'UE doit constituer des stocks publics pour stabiliser les prix et maintenir les aliments abordables pour tous, particulièrement en temps de crise.
Ce type d'agriculture à petite échelle n'est possible qu'avec un grand nombre d'exploitations et de bonnes conditions de vie et de travail pour les agriculteurs et les travailleurs agricoles dans toute l'Europe.
L'Europe compte aujourd'hui environ 9 millions d'exploitations, en baisse par rapport aux 15 millions en 2003, et l'âge moyen des agriculteurs est de 57 ans. Ils ont du mal à accéder aux semences, aux terres, à l'eau et au marché.
Les impacts négatifs des Accords de libre-échange (FTAs) ne se font pas sentir seulement en Europe mais aussi dans le reste du monde. Ils sont préjudiciables aux droits des agriculteurs reconnus dans UNDROP, aux systèmes alimentaires, à l'égalité des genres, au climat et à la diversité biologique.