Acumulación por desposesión, bienes comunes urbanos y derecho a la ciudad: un recorrido posible
discovery_promoted 2020-02-25 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cet article académique analyse le processus par lequel le capital s'approprie les biens communs urbains en Amérique latine, en s'appuyant sur le concept d'« accumulation par dépossession » développé par David Harvey. L'autrice, Julieta María Capdevielle, cartographie les liens théoriques et empiriques entre trois dimensions : la subordination de l'espace urbain au développement capitaliste, les biens communs urbains (espaces publics, zones naturelles, espaces verts), et l'exercice du droit à la ville. Le texte révèle un mécanisme précis de dépossession : l'État investit dans l'infrastructure urbaine (routes, transports, services), ce qui augmente la valeur du sol ; cette plus-value foncière est ensuite extraite et appropriée par les corporations immobilières privées. Ce processus est désigné comme « empresarialismo urbano » (partenariat public-privé) et produit l'« extractivisme urbano » — extraction de rentes urbaines par des acteurs concentrés à partir de ressources produites collectivement. Les mécanismes concrets incluent la privatisation d'espaces publics, les exceptions aux normes d'usage du sol, et l'absence de participation citoyenne. L'article se positionne comme une revue critique de la littérature scientifique, montrant comment des champs variés (droit, géographie, économie politique urbaine, sociologie) ont abordé les communs urbains en tension avec le capital. Cette perspective permet de comprendre comment les grands travaux publics, présentés comme « développement », deviennent en réalité des instruments de dépossession des espaces collectifs urbains au profit de l'accumulation capitaliste.
En clair
Quand un gouvernement construit des métros ou des routes, les terrains autour prennent de la valeur. Les entreprises immobilières s'enrichissent à peu de frais en revendant ces terrains devenus chers — c'est votre argent public qui finance leur profit. Ce système privatise les espaces où tout le monde vivait ensemble. Ce texte montre les rouages de ce mécanisme en Amérique latine, utile pour les luttes contre la gentrification urbaine et la privatisation des terres publiques.
Extraits
Dans les villes il n'y a pas de pétrole, pas de minéraux, pas de forêts ni de champs ; il y a des terres publiques. Les corporations immobilières convoitent ces terres.
La configuration spatiale ne serait que l'expression de la dynamique d'accumulation du capital et de la reproduction sociale.
La caractéristique fondamentale de ces processus est que l'investissement public génère des profits par l'augmentation du prix du sol, valeur qui est appropriée par les agents immobiliers.
Ces surplus qui s'approprient privément (liés à des pouvoirs concentrés) sont produits collectivement.
Le capital s'approprie les espaces urbains communs avec l'intention d'assurer les conditions nécessaires pour la production-reproduction des relations capitalistes.