Dra. territorios en disputa: ¿la autogestión de hábitat como estrategia de reapropiación de comunes urbanos?.
discovery_promoted 2024-02-21 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cet article d'une chercheuse du Conicet (UBA, Buenos Aires) analyse les expériences d'autogestión de hábitat comme réaction critique aux « nouveaux cercamientos » urbains imposés par le néolibéralisme depuis les années 1970. L'auteure s'inscrit dans une généalogie marxiste des enclosures (Midnight Notes, De Angelis, Harvey) pour montrer comment le capitalisme contemporain opère via la privatisation systématique des biens communs urbains (sol, logement, infrastructures publiques), convertissant ces ressources en marchandises et expulsant les populations pauvres. Ce processus de « hipermercantilización » s'articule selon quatre vecteurs : privatisation des actifs publics et communautaires, spéculation immobilière et gentrification, exposition au marché global, et privatisation des espaces publics. En riposte, émergent des formes collectives de résistance urbaine : asambleas, vecinos autoconvocados, cooperativas de vivienda, qui revendiquent l'autogestión comme méthodologie de lutte (action directe, ocupaciones, procesos de deliberación pública). Ces expériences prétendent « reapropiarse » des comunes urbanos, c'est-à-dire reprendre collectivement le contrôle du territoire et de l'habitat hors de la logique propriétaire marchande. Or, l'article pose une question critique centrale : cette reapropiación réussit-elle ? L'auteure anticipe que seules certaines expériences maintiennent une authentique pratique autogestionaria, tandis que d'autres sont progressivement réabsorbées par « la lógica mercantil del urbanismo neoliberal ». Cela ouvre une tension théorique et politique majeure pour la veille thématique : qu'est-ce qui distingue un vrai commun urbain d'une fausse coopérative récupérée par le marché ? Quels dispositifs juridiques, économiques ou institutionnels (fiducies, propriété collective, anti-spéculation) permettent de maintenir la terre hors-circulation ? L'article promène ces questions vers l'analyse empirique du Programa de Autogestión de la Vivienda de Buenos Aires, case study qui interroge les conditions matérielles et politiques de la reapropiación urbaine.
En clair
Les grandes villes d'Amérique latine chassent les pauvres en vendant chaque terrain au marché. Des gens créent alors leurs propres collectifs pour se fabriquer des maisons ensemble, sans passer par la spéculation. Cet article se demande : ces collectifs réussissent-ils vraiment à rester libres du marché, ou est-ce que le marché les rattrape malgré tout ?
Extraits
Territoires en conflit: l'autogestion de l'habitat comme stratégie de réappropriation des biens communs urbains?
Le processus d'hypermarchandisation imposé par la restructuration capitaliste des années 70 trouve dans les villes des possibilités privilégiées pour l'accumulation immobilière et, par conséquent, la dépossession de larges secteurs sociaux.
Avec l'avènement du néolibéralisme, s'est produit l'un des plus grands enfermements de l'histoire des biens communs
Les enclosures ne sont pas des événements transitoires, mais apparaissent comme une stratégie 'permanente' du processus d'accumulation
Ce nouveau cycle d'enclosures néolibérales restaure et élargit l'écart entre les populations et les moyens de reproduction de la vie, ne dépossédant plus leurs outils de travail, mais par l'expropriation des territoires et des ressources
Émergent, dans le domaine urbain, des assemblées, des voisins auto-convoqués, des coopératives d'habitation, avec un fort appel à l'action directe comme méthodologie de lutte