UNITED NATIONS DECLARATION ON THE RIGHTS OF PEASANTS AND OTHER PEOPLE WORKING IN RURAL AREAS

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2023-07-24 Adobe PDF Library 17.0 SCORE 6/10

Document original ↗

Synopsis

Le document présente un argumentaire en faveur de la création d'un mécanisme spécialisé au sein du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, dédié à la promotion et au suivi de l'implémentation de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zones rurales (UNDROP), adoptée en 2018.

Le texte part du constat que les paysans sont les producteurs alimentaires mondiaux de premier plan, fournissant 75 à 80% de l'approvisionnement alimentaire mondial selon la FAO, tout en constituant 70% des personnes vivant dans l'extrême pauvreté. Cette contradiction fondamentale — une classe hautement productive mais systématiquement appauvrie, exploitée et marginalisée — est centrale pour la veille sur les luttes pour la terre et la paysannerie.

Le document souligne que les paysans, agriculteurs familiaux, pasteurs, pêcheurs artisanaux, travailleurs ruraux sans terre, nomades et peuples autochtones ont historiquement subi et subissent encore des discriminations multiples, des marginalisations et des violations systématiques des droits humains. Faute d'être reconnus comme salariés, ils sont exclus des protections du droit du travail et des systèmes de sécurité sociale, ce qui les rend particulièrement vulnérables à l'exploitation, à la répression et aux catastrophes climatiques.

Le texte articule également le rôle stratégique des paysans dans la préservation de la biodiversité, des écosystèmes et dans la réponse aux crises climatiques. Les connaissances paysannes accumulées sur des siècles sont présentées comme essentielles pour une transition juste vers un système alimentaire et écologique durable, en contraste explicite avec le système alimentaire industriel décrit comme un moteur majeur de la crise climatique et de la perturbation sociale rurale.

Le document propose un mécanisme de suivi au niveau international, sous la forme d'une procédure spéciale (Groupe de travail ou Rapporteur spécial), chargée de sensibiliser le public, conseiller les États, formuler des recommandations, effectuer des visites de pays prioritaires et contribuer au développement de normes internationales des droits humains. Le texte insiste sur le fait que les mécanismes existants du Conseil des droits de l'homme ne permettent pas une compréhension holistique des droits paysans car ils abordent le sujet par fragments thématiques.

Pour la veille, ce document est significatif comme indicateur du positionnement institutionnel des mouvements paysans au sein de l'ONU et de leur stratégie d'utilisation du cadre onusien pour légitimer et protéger leurs droits. Cependant, il ne traite pas directement des enjeux fonciers proprement dits — communs fonciers, régimes de propriété collective, libération des terres, réforme agraire — mais plutôt des droits du travail, de la protection sociale et de la reconnaissance politique des paysans.

En clair

Ce texte explique pourquoi il faudrait une agence de l'ONU juste pour défendre les droits des paysans : ils produisent 75% de ce qu'on mange mais gagnent souvent très peu et travaillent sans protection légale. Pour les mouvements paysans, c'est un guide pratique : utiliser cet instrument international pour pousser leurs gouvernements à changer les lois et à protéger vraiment le travail paysan.

Extraits

Les paysans, qui représentent jusqu'à 70 % des personnes vivant dans l'extrême pauvreté, travaillent souvent dans des conditions dangereuses et d'exploitation.

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Les travailleurs ruraux sans terres, les nomades et les peuples autochtones travaillant la terre ont historiquement affronté, et affrontent toujours, de multiples formes de discrimination

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Les paysans jouent un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité et des écosystèmes, et dans la réaction aux crises climatiques.

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Les connaissances que les paysans ont développées au cours des siècles peuvent éclairer les mesures pratiques que nous devons prendre vers une transition juste tant attendue

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Ils fournissent une nourriture diversifiée et saine au niveau local, éliminant le besoin de chaînes de valeur longues, complexes et coûteuses pour l'environnement.

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Le système alimentaire industriel, en revanche, est un moteur majeur de l'urgence climatique, et de la perturbation sociale dans les zones rurales.

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Les organisations paysannes et rurales, avec des alliés d'autres organisations de la société civile (OSC), doivent soutenir un effort plus large pour s'approprier l'UNDROP

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