ENG_IPC-declaration-green-development-seeds-industry_nov-2021-2

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-10-26 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Le document est une déclaration du Comité international de planification (IPC) pour la souveraineté alimentaire adressée à la FAO suite à l'annonce de la Conférence mondiale sur le « Développement vert de l'industrie des semences » (novembre 2021). L'IPC dénonce la capture réglementaire de la FAO par l'industrie agro-alimentaire : le comité de direction de la conférence est composé exclusivement de représentants de l'agro-industrie et de chercheurs favorisant les biotechnologies, excluant délibérément les petits producteurs alimentaires et les peuples autochtones qui gèrent pourtant les systèmes de semences dont dépendent 44 % de la population mondiale. Le texte critique trois infractions majeures : (1) l'invisibilisation systématique des systèmes de semences gérés par les agriculteurs, reconnus par le droit international (ITPGRFA, UNDROP, UNDRIP) mais marginalisés comme « inefficaces » ; (2) l'imposition d'une solution unique technocratique centrée sur les semences industrielles « améliorées », présentées comme seule réponse aux défis climatiques, alors que l'agriculture industrielle ne produit que 25 % de la nourriture mondiale et est elle-même cause majeure de perte de biodiversité ; (3) l'utilisation de brevets et de lois de protection des variétés végétales (système UPOV) comme instruments juridiques d'emprise, qui entravent les droits collectifs des paysans et peuples autochtones à sélectionner, conserver et échanger leurs semences. Le texte souligne que la marginalisation des petits producteurs n'est pas technologique mais structurelle : manque de contrôle foncier, accaparement des terres, conflits, discriminations commerciales et régimes de propriété intellectuelle draconiennes. L'IPC appelle à un changement de paradigme : la FAO doit replacer les petits producteurs et les collectivités locales au cœur de la stratégie alimentaire mondiale, respecter les droits des paysans et peuples autochtones, et mettre fin aux partenariats avec l'agro-industrie.

En clair

Ce texte explique comment les grandes compagnies de semences ont pris le contrôle de l'ONU qui décide de la politique alimentaire mondiale, en excluant volontairement les petits paysans et peuples autochtones qui nourrissent réellement la planète. Il appelle à protéger le droit des paysans à conserver et partager leurs propres semences, au lieu de leur imposer des variétés brevetées contrôlées par l'industrie.

Extraits

Les systèmes de semences gérés par les agriculteurs et les droits des agriculteurs à sélectionner et conserver les ressources génétiques végétales sont importants

p. 2

Les petits producteurs alimentaires sont complètement dépourvus de leur rôle, malgré leur rôle primordial dans la production alimentaire

p. 2

Les brevets et les lois sur la protection des variétés végétales (PVP), comme le système de l'Union pour la protection des obtentions végétales (UPOV), sapent les droits collectifs des agriculteurs et des peuples autochtones sur leurs semences

p. 3

Le manque de contrôle sur les terres et l'accaparement des terres, les conflits, l'occupation et la guerre, les catastrophes naturelles causées par le changement climatique, les règles commerciales et de marché discriminatoires

p. 3

Nous, les organisations membres de l'IPC de petits producteurs alimentaires et de peuples autochtones, sommes scandalisés par la pénétration incontrôlée et de plus en plus agressive de l'industrie dans les bureaux de la FAO

p. 1

Les industries alimentaires ne doivent pas être autorisées à être à nouveau au centre de la politique mondiale : elles sont les principaux moteurs du changement climatique et de la perte de biodiversité mondiale

p. 2

Les systèmes de semences gérés par les agriculteurs et les peuples autochtones sont aussi le sujet d'instruments de droit international, à la fois contraignants, comme l'ITPGRFA, et indicatifs, comme l'UNDROP et l'UNDRIP

p. 2

L'agriculture industrielle, qui - rappelons-le - ne représente que 25 % de la production alimentaire mondiale

p. 1
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation