Ostrom, E. : El Gobierno de los Bienes Comunes. La Evolución de las Instituciones de Acción Colectiva, México, 2000.
Archive.org — bienes comunes espagnol (15M/communs) 2014-12-05 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Cette préface d'Elinor Ostrom pour l'édition espagnole de « Governing the Commons » établit l'importance cruciale des institutions de propriété collective dans la gestion des ressources communes en Amérique latine et dans le monde hispanique. Elle affirme que plus de 75 % des forêts mexicaines sont gérées par des milliers d'ejidos et de communautés indígenas, prouvant que ces institutions jouent un rôle central dans la gestion contemporaine des ressources naturelles. Ostrom synthétise ensuite les résultats d'expériences de laboratoire et de recherches de terrain qui contredisent la théorie conventionnelle des ressources communes (Tragedy of the Commons) : lorsque les utilisateurs peuvent communiquer et s'auto-organiser, ils coopèrent efficacement et maintiennent des niveaux de prélèvement proches de l'optimum. Ces découvertes, répliquées notamment en Colombie sur les ressources forestières et halieutiques, démontrent le rôle décisif de la confiance, de la réciprocité et des normes sociales auto-établies. Ostrom soulève implicitement une tension politique majeure : au moment où la recherche valide l'efficacité des institutions communales, les réformes constitutionnelles mexicaines (changements à l'Article 27) autorisent précisément leur division et privatisation. Le texte fonde une critique savante de l'ordre foncier capitaliste en réhabilitant la propriété collective comme institution efficiente et viable, contredisant les prédictions des théories dominantes.
En clair
Ce texte montre scientifiquement que quand on laisse les gens discuter ensemble et décider des règles, ils réussissent à gérer une ressource commune sans la détruire — contrairement à ce qu'on dit généralement. Au Mexique, les ejidos (terres gérées collectivement) contrôlent trois quarts des forêts : c'est la preuve que ça marche.
Extraits
diverses ressources d'usage commun (RUC) et institutions de propriété communale sont d'une importance capitale
actuellement plus de 75 % des forêts au Mexique sont en possession de milliers d'ejidos et de communautés indigènes
Les changements récents dans l'article 27 de la Constitution mexicaine, qui autorisent la division des terres ejidales, est un fait que le monde entier aura à l'œil
institutions de propriété communale comme la structure de la tenure (des terres)
les 'acequias' (systèmes d'irrigation organisés par les paysans)
Lorsqu'on permet aux utilisateurs de communiquer, ils obtiennent des bénéfices conjoints substantiellement plus importants
Quand les utilisateurs discutent ouvertement et conviennent de leurs propres niveaux d'usage et de leurs systèmes de sanctions, le non-respect reste très bas
remet en question la théorie conventionnelle de façon suffisamment sérieuse pour repenser sa pertinence
Le refus de coopérer avec ceux qui n'agissent pas avec réciprocité