The Meknes Appeal – SIAM 2026

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-04-28 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document est un appel public de l'Union nationale des paysans marocains, affiliée au syndicat UMT, adressé aux autorités lors de la 18e édition du Salon international de l'agriculture (SIAM 2026) à Meknes. L'appel dénonce une « schizophrénie » de l'agriculture marocaine : d'un côté, un slogan de souveraineté alimentaire ; de l'autre, une réalité où 85 % des petits paysans sont marginalisés, endettés et dépossédés de droits fonciers, semenciers et hydriques. Les auteurs affirment que la lutte marocaine s'inscrit dans une bataille mondiale contre « l'accaparement des corporations transnationales » et pour la reconnaissance des droits paysans (UNDROP). Le texte dénonce spécifiquement : (1) la dépendance génétique imposée par les semences hybrides des multinationales, menaçant la continuité historique du savoir-faire paysan ; (2) l'assurance maladie obligatoire (AMO) qui pousse les paysans à abandonner leur identité professionnelle sous le poids des dettes ; (3) la justice hydrique : les paysans familiaux manquent d'eau tandis que des « oasis artificielles » de luxe (dates, avocats, pastèques) drainent les aquifères pour l'exportation ; (4) l'inégalité de redistribution : 15 % des terres monopolisent l'essentiel des aides publiques, les autres 85 % restent livrés à la sécheresse, l'endettement et les intermédiaires. En réponse, l'Union revendique 18 mesures : annulation des dettes, loi protégeant les semences locales, priorité à la « panier marocain » (alimentation locale), droits collectifs des populations rurales (femmes et hommes), simplification de l'accès à la terre d'État (anciennes terres Makhzen) et des terres collectives/tribales pour les paysans sans terre, gestion démocratique de l'eau, financement dédié, coopératives paysannes autonomes, et circuits courts de commercialisation.

En clair

Ce texte montre comment au Maroc, les petits paysans sont écrasés par un système qui vend l'eau et la nourriture au marché mondial au lieu de les garder pour nourrir les Marocains. L'appel demande que l'État rende les terres aux paysans sans terre, qu'il protège les semences locales, qu'il partage l'eau équitablement, et qu'il annule les dettes qui ruinent les petits paysans.

Extraits

L'agriculture marocaine vit aujourd'hui dans un état alarmant de « schizophrénie », déchirée entre une façade brillante et une réalité sinistre dans laquelle les petits agriculteurs, et même les agriculteurs de taille moyenne, souffrent

p. 1

Le droit du paysan marocain à sa terre, ses semences, son eau et sa libre décision n'est pas une « faveur » accordée par quiconque ; c'est un droit inhérent garanti par la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans (UNDROP)

p. 1

Nos agriculteurs sont transformés en « clients permanents » des sociétés transnationales de semences, par le biais de semences hybrides (Hybrides) qui ne produisent qu'une fois — coupant le fil de la continuité historique du paysan marocain

p. 2

Les petits agriculteurs ont été contraints de « nier leur identité professionnelle » et de rayer la mention « agriculteur » de leurs cartes d'identité nationales simplement pour échapper à l'accumulation des dettes et aux pénalités de retard de paiement

p. 2

Aujourd'hui, les milliards coulent pour soutenir les exportations et les grands propriétaires terriens (15 %), tandis que 85 % des agriculteurs marocains sont laissés sans défense face à la sécheresse, à la dette et aux intermédiaires

p. 2

Des « oasis artificielles » qui épuisent la nappe phréatique nationale pour produire des cultures gourmandes en eau (dattes, avocats, pastèques, etc.) destinées exclusivement au luxe des marchés étrangers

p. 3

L'eau est la propriété publique du peuple marocain, et la priorité absolue doit aller aux « cultures vivrières » qui mettent du pain sur les tables marocaines — non aux « cultures de rente »

p. 3

Récupérer les terres agricoles et les distribuer aux agriculteurs sans terre

p. 4

Organiser la gestion des terres communales, des pâturages et des terres des coopératives de réforme agraire ; accélérer le règlement des problèmes de tenure foncière qui entravent leur utilisation optimale ; et mettre fin à leur pillage

p. 4

Protéger les petits agriculteurs des grandes entreprises et « coopératives » qui contractent avec eux pour acheter leur production selon des « contrats d'adhésion »

p. 5
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