Women-peasants-are-women-EN-FINAL
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-11-30 Adobe PDF Library 15.0 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document, commandé par la Via Campesina, documente la violence structurelle subie par les femmes paysannes en Afrique australe et orientale. Au-delà des analyses génériques de la violence contre les femmes, le texte pose une question cruciale : comment l'oppression genrée s'articule avec l'oppression de classe subie par les paysannes en tant que productrice dans un système capitaliste/néolibéral. Le document développe une critique de l'intersectionnalité femme-paysanne souvent invisibilisée par les mouvements féministes urbains comme par les mouvements paysans eux-mêmes. Les paysannes de Tanzanie, Ouganda, Kenya, Mozambique et Afrique du Sud partagent un diagnostic convergent : elles subissent une oppression double (patriarcat ET capitalisme), mais aussi une exclusion spécifique des droits fonciers. Contrairement aux hommes paysans qui combattent pour ne pas perdre leurs droits à la terre face aux accaparements, les femmes combattent simplement pour accéder à la terre — elles n'héritent pas, ne peuvent pas vendre, n'ont pas droit aux revenus de leur propre travail agricole. Le document démontre que les violences contre les femmes paysannes ne se limitent pas au physique ou au sexuel : ce sont aussi l'impossibilité légale ou coutumière d'hériter, le contrôle reproductif des hommes, l'appropriation gratuite du travail domestique et agricole. Le texte ancre le féminisme agraire dans une analyse matérialiste : la terre, le travail, et les rapports de production sont les sites où se nouent l'oppression patriarcale et capitaliste. La Via Campesina place ce diagnostic de violence gendrée structurelle au cœur de son projet de féminisme paysan (Popular and Peasant Feminism), visant à renforcer les mouvements paysans en y intégrant la critique des rapports de genre.
En clair
Ce texte montre que les femmes paysannes ne possèdent pas la terre comme les hommes paysans, même dans la même famille — elles ne peuvent pas hériter, vendre, ni décider. C'est une forme de violence cachée, et comprendre ça change comment on doit construire les mouvements paysans et féministes ensemble.
Extraits
le droit d'acquérir, de posséder et d'utiliser la terre ; l'accès à l'eau et aux services sociaux tels que l'éducation et la santé
les paysans en tant que groupe sont opprimés, et au sein de ce groupe, les femmes sont davantage opprimées par le patriarcat
Nous n'avons pas le droit à la terre ou aux cultures comme les hommes, et nous sommes tous des paysans en lutte contre l'accaparement des terres. Les hommes se battent pour ne pas perdre leurs droits sur la terre, nous nous battons pour ne pas perdre l'accès à la terre.
le refus d'hériter la terre ou d'accéder au revenu sont aussi des formes de violence
Le féminisme populaire et paysan du mouvement La Via Campesina, qui vise à renforcer une voix collective des paysans contre le patriarcat et le capitalisme
des études d'exploration spécifiques sur la violence envers les femmes en milieu rural pourraient être un moyen utile de faire le lien entre les mouvements féministe et paysan
Une femme s'est retrouvée sans terre sans le savoir. Apparemment, son mari a vendu toutes les terres sans lui dire.
l'absence de soutien gouvernemental et la présence d'agents financiers cupides et de forces du marché qui sont exploitateurs et destructeurs pour le bien-être des femmes en particulier et des communautés paysannes dans leur ensemble