Nyéléni Newsletter

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2016-06-13 Adobe PDF Library 9.9 SCORE 9/10

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Synopsis

Ce numéro 26 de la newsletter Nyéléni (juin 2016) pose un diagnostic politique sur la réforme agraire au moment d'une conférence internationale à Marabá, Brésil. Le texte articule deux axes : d'une part, une critique radicale de la « financiarisation des biens ruraux » et de l'accaparement des terres, d'autre part, une proposition de réforme agraire agroécologique et territoriale portée par une alliance de mouvements paysans, autochtones et de pêcheurs artisanaux. Le document distingue nettement deux modèles : les réformes agraires classiques du XXe siècle (redistribution de terres improductives aux paysans pour une croissance capitaliste) versus une nouvelle approche qui articule réforme agraire, agroécologie, souveraineté alimentaire et lutte contre l'accaparement — fondée sur l'idée que « la terre en mains communautaires vaut mieux pour la société que la terre sous le contrôle du capital ». La Via Campesina y est présentée comme acteur central d'une stratégie globale déployée de l'Afrique à l'Europe, avec des approches contextualisées : redistribution là où les terres sont concentrées, défense des territoires autochtones et paysans menacés, récupération des droits ancestraux face aux nationalisations, lutte contre l'accaparement des eaux et forêts, occupations foncières en Europe, résistance à l'occupation en Palestine. Le texte met aussi en avant des victoires (Zimbabwe, Cuba, Brésil) comme preuves qu'une autre campagne — diversifiée, agroécologique, dirigée par des paysans — est possible.

En clair

Ce texte dit que les mouvements paysans du monde entier refusent un modèle où les terres sont concentrées dans les mains de grandes entreprises qui polluent et chassent les gens de la campagne. Ils proposent à la place que ce soient les paysans, les autochtones et les pêcheurs qui gèrent leurs terres ensemble, produisent de la nourriture saine, et gardent le contrôle — c'est ça, la réforme agraire agroécologique. C'est un outil pour comprendre ce que les mouvements paysans demandent réellement et pourquoi.

Extraits

Le capital s'approprie nos territoires. Par conséquent, nous devons répondre en transformant la lutte pour la terre en lutte pour le territoire.

p. 1

Nous devons montrer que la terre aux mains de la communauté est meilleure pour la société et la Mère Terre que la terre livrée à la merci du capital.

p. 1

l'accaparement des terres, la dépossession, l'expulsion, le déplacement et la migration

p. 1

Cette approche agroécologique et territoriale de la réforme agraire ne peut être gagnée que par la lutte des classes et la confrontation directe avec le projet du Capital.

p. 2

Dans les endroits où la terre est concentrée entre les mains de quelques-uns, nous luttons pour sa redistribution.

p. 2

Voulons-nous une campagne composée des territoires productifs de nourriture des paysans, des peuples autochtones, des agriculteurs familiaux, des pêcheurs artisanaux et d'autres peuples ruraux, fondée sur la dignité humaine et des savoirs et cosmovisions divers, avec des arbres, de la biodiversité et la production agroécologique d'aliments sains ?

p. 2

Dans les endroits où nos peuples conservent encore leurs terres et territoires, nous luttons pour défendre ces territoires et empêcher l'accaparement des terres et de l'eau.

p. 3

la réforme agraire massive menée après les occupations et récupérations de terres par les peuples au Zimbabwe

p. 3

La réforme agraire cubaine et son mouvement d'agroécologie 'paysan à paysan' couronné de succès

p. 3

les privatisations, l'accaparement et la prise de contrôle des biens communs et biens publics, tels que la terre, les ressources en eau, les forêts, les semences, l'élevage, les pêcheries, les glaciers et les territoires entiers

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