Les collectifs de néo-paysans, de la contestation à la fabrication des paysages, détection des méthodes d'actions : expériences personnelles et bricolages

HAL — paysannerie / agriculture vivrière 2026-10-07 SCORE 7/10

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Synopsis

Ce mémoire de recherche en paysage (Louis Camus, 2023) analyse comment les collectifs de néo-paysans — des personnes installées en groupe à la campagne pour pratiquer une agriculture autonome et émancipatrice — façonnent les paysages par des méthodes d'action alternantes au modèle capitaliste. L'auteur inscrit ce phénomène dans une généalogie longue : après deux siècles de destruction de la paysannerie française (exode rural massif, intensification agricole depuis 1950), on observe depuis les années 1960-70 des vagues successives de « retour à la terre » (milieux libres, Mai 68, écologie, crise sanitaire). Les néo-paysans—30 % des nouvelles installations aujourd'hui—ne sont pas issus du secteur agricole mais choisissent de s'établir en campagne pour inventer « de nouvelles façons de faire société ». Les collectifs particulièrement revendiquent la paysannerie comme vecteur d'émancipation et d'autonomie, expérimentent des organisations horizontales, mobilisent des savoir-faire anciens et développent une approche holiste de l'agriculture. Cette quête utopique infère concrètement sur le paysage : contrairement aux modifications produites par l'agriculture technico-capitaliste, les pratiques collectives engendrent des paysages différents. L'étude détecte trois méthodes d'action majeures (polyvalence, réappropriation-détournement, opportunisme) et explore comment elles tracent dans le territoire des formes de rupture avec le système dominant.

En clair

Ce mémoire raconte comment de jeunes gens et de groupes reviennent s'installer à la campagne (les « néo-paysans »), forment des collectifs, et font de l'agriculture autrement — en cherchant l'autonomie et en changeant comment on cultive. C'est utile pour les luttes parce qu'il montre concrètement que ces collectifs changent le paysage et refusent le système agricole industriel, même s'il reste des questions sur comment ils sécurisent l'accès à la terre.

Extraits

C'est le seul groupe professionnel à être passé, en un siècle, de la situation de majorité absolue dans la population française à simple minorité parmi d'autres

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un mouvement de « repaysannisation » est en cours. C'est un processus qui voit le nombre de paysans s'accroître, et dont les acteurs majeurs sont les 'néo-paysans'

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les paysans à devenir agriculteurs puis exploitants agricoles et enfin entrepreneurs agricoles

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Ces nouveaux paysans revendiquent de pratiquer la paysannerie comme vecteur d'émancipation et d'autonomie, notamment les collectifs qui expérimentent des principes d'organisation horizontale et mobilisent des savoir-faire anciens dans une approche de la paysannerie holiste

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Ils entraînent des modifications paysagères différentes de celles produites par le système technico capitaliste

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Posant l'hypothèse que les collectifs de néo-paysans sont animés par la volonté de rupture avec le système dominant et infèrent par leur pratique sur le paysage

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À l'heure actuelle, les néo-paysans représentent 30% des nouvelles installations agricoles, soit deux fois plus qu'il y a 10 ans

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Ces derniers ne sont pas systématiquement issus du secteur agricole, ils viennent de la ville ou de la campagne, et ont fait le choix de s'installer à la campagne proposant de nouvelles façons de faire société

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