Bulletin Nyéléni n° 61 – Ancrés dans la résistance : les territoires pour la justice climatique

Nyéléni — documents finaux 2026-04-13 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Le Bulletin Nyéléni n° 61 articule les luttes pour la terre avec la justice climatique, centrant le débat sur l'accès, l'usage et le contrôle de la terre par les communautés comme réponse structurelle à la crise écologique. Le document établit que pour les peuples autochtones, les paysans, les pêcheurs et les habitants des forêts, la terre n'est pas un simple bien économique mais la base intégrale de la vie — culturelle, spirituelle, écologique et matérielle. Cette approche contraste radicalement avec la réduction néolibérale de la terre à un actif financier depuis 2008, qui a accéléré la spéculation foncière à grande échelle et, plus récemment, les « accaparements verts » liés aux compensations carbone et aux marchés de biodiversité (20 % des grandes transactions foncières aujourd'hui). Le document critique frontalement cette financiarisation comme fausse solution climatique qui dépossède les communautés tout en renforçant la destruction écologique. Au contraire, il souligne que les petits producteurs, utilisant seulement 35 % des terres cultivables mondiales mais nourrissant plus de la moitié de la population, appliquent des systèmes agroécologiques diversifiés qui renforcent la résilience climatique. La souveraineté alimentaire émerge comme cadre alternatif exigeant que l'alimentation soit un droit humain, restituant le pouvoir aux travailleurs ruraux et urbains. La réforme agraire — redistribution de la propriété et du contrôle de la terre — n'est pas une question de justice abstraite mais une nécessité écologique et sociale. Le 3e Forum Mondial Nyéléni, le Sommet des Peuples pour la COP30 et ICARRD+20 offrent des opportunités de convergence entre mouvements de peuples autochtones, paysans, pêcheurs, populations noires, féministes, travailleur·ses et migrant·es.

En clair

Ce bulletin dit que pour vraiment lutter contre le changement climatique, il ne faut pas vendre la terre aux banques (marché carbone, biodiversité) ni la laisser aux grosses compagnies, mais la rendre aux paysans, autochtones et gens qui la cultivent depuis longtemps — c'est eux qui produisent la moitié de la nourriture mondiale avec un tiers des terres et savent comment cultiver sans détruire. Quand ces mouvements convergeront (paysans, autochtones, femmes, ouvrier·es), ils seront assez forts pour imposer une vraie réforme agraire et arrêter l'accaparement.

Extraits

Les peuples autochtones perçoivent leurs terres comme l'ensemble de l'habitat qu'ils occupent ou utilisent, où ont leurs racines leur culture, leur identité et leurs moyens de subsistance.

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l'effondrement climatique, la perte de biodiversité et l'injustice environnementale – causés par les économies néolibérales enracinées dans la financiarisation, le patriarcat et le colonialisme

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Les terres sont des espaces de résistance contre les projets extractivistes qui mettent en danger la santé, les moyens de subsistance et les écosystèmes, mais aussi des espaces où les communautés créent des solutions alternatives basées sur l'agroécologie.

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La souveraineté alimentaire offre un cadre entièrement différent pour l'organisation de la production et de la consommation alimentaires. Elle exige que les aliments soient un droit humain et non une marchandise.

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Le retour de la terre entre leurs mains signifie que les véritables solutions populaires peuvent devenir réalité.

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Depuis la crise économique de 2008, la terre est traitée de plus en plus comme un actif financier, ce qui conduit à la spéculation, aux acquisitions à grande échelle et au déplacement de communautés.

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Plus récemment, les « accaparements verts » liés aux compensations carbone et aux marchés de la biodiversité se sont accélérés, ces schémas représentant désormais 20 % des grandes transactions foncières.

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les petits producteurs – qui n'utilisent que 35 % des terres arables mondiales, mais nourrissent plus de la moitié de la population mondiale – appliquent des systèmes agroécologiques diversifiés

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