Territoriality and Anarchism
The Anarchist Library — OPDS (new releases) 2024-02-26 SCORE 5/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte classique de la pensée anarchiste établit une distinction cruciale entre territorialité (l'ancrage naturel d'une communauté à son lieu de vie) et État (l'organisation coercitive dans des frontières arbitraires). L'auteur argumente que l'anarchisme, loin de nier la territorialité, doit la reconnaître comme base légitime de l'organisation sociale — ce qui ouvre la possibilité de communes autonomes sans appareil d'État. Le texte, écrit dans le contexte de la Russie post-révolutionnaire, critique l'État socialiste autoritaire des bolchéviques comme dernière itération du système coercitif, tout en rejetant tant le militarisme que le pacifisme naïf. La territorialité, en effet, implique une nécessité de défense collective organisée du peuple sur un territoire donné, sans pour autant recourir à la violence d'État ou à la conscription. L'auteur cite Kropotkin et invoque l'exemple historique de la Commune de Paris (1871) comme prototype politique d'une organisation territoriale sans État. La conclusion pose la question pratique centrale : comment réaliser l'anarchisme non pas comme idéal lointain, mais comme forme concrète d'habitation et d'auto-organisation dans des limites territoriales ? Ce qui intéresse la veille : le texte fournit un ancrage théorique au concept d'autonomie territoriale et aux communes comme alternative à l'État-nation, deux piliers importants pour penser les communs fonciers et les organisations collectives sans pouvoir coercitif.
En clair
Ce texte historique dit que l'anarchisme accepte que les gens s'attachent à leur territoire et s'y organisent collectivement, sans avoir besoin d'un État pour les commander. C'est un fondement théorique pour comprendre comment les communes et collectifs peuvent s'autogérer sur une terre, mais le texte ne parle pas des sans-terre, des paysans, ou de qui cultive vraiment la terre.
Extraits
L'anarchisme, tout en rejetant l'État, ne peut nier la territorialité, tout comme, tout en s'efforçant de détruire le capital monopolistique (privé et d'État), il reconnaît la propriété du travail, qui, grâce à sa productivité accrue et à l'esprit communautaire et d'entraide inhérents à l'homme, conduit au communisme.
Ce lien naturel avec le lieu où ils vivent, avec leur patrie au sens littéral du mot, devrait s'appeler territorialité, par opposition à l'État, qui est une association forcée dans des frontières arbitraires.
L'anarchisme a jusqu'à présent avancé la patrie territoriale — la commune — comme son idéal politique le plus proche, car il était plus facile d'imaginer et de réaliser un ordre social juste là.
L'anarchisme, en tant que mouvement social profondément imprégné de l'esprit de lutte active contre toute oppression et violence, ne peut rejeter la défense organisée des peuples contre la violence externe.
C'est conforme en Russie, où le vieux fondement de l'État coercitif règne sans limites dans l'arène de l'arbitraire illimité, cherchant à consolider son existence.