The Syngenta Case — Human Rights Violations in Brazil

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2008 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce rapport documente un cas majeur de violations des droits humains et des lois environnementales au Brésil (2006-2008) impliquant la multinationale Syngenta et le mouvement paysan Via Campesina. Syngenta a exploité un site d'expérimentation de 127 hectares à Santa Tereza do Oeste, à 6 km du Parc national de l'Iguaçu (patrimoine UNESCO). Malgré la loi brésilienne de 2003 interdisant les cultures OGM dans les zones tampon de 10 km autour des aires protégées, Syngenta a semé plus de 12 hectares de maïs et soja génétiquement modifiés à seulement 4 km du parc. En mars 2006, l'agence environnementale IBAMA a formellement reconnu les illégalités et imposé une amende d'un million de réais (500 000 USD). En réaction, des paysans de Via Campesina ont occupé pacifiquement le site le 14 mars 2006, durant la conférence de Carthagène sur la biodiversité, bénéficiant du soutien d'environnementalistes de 15 pays. Le gouvernement du Paraná a par la suite exproprié le terrain pour y établir un centre d'agroécologie, mais Syngenta a obtenu une ordonnance suspendant cette expropriation. Le 21 octobre 2007, après une réoccupation pacifique par 200 travailleurs de Via Campesina, des miliciens armés (environ 40 hommes en gilets « NF Security ») ont attaqué le site, tuant Valmir Mota (alias Keno) à bout portant et blessant Isabel Nascimento. Le document expose le pattern systémique : Syngenta viole impunément les lois, contourne les décisions judiciaires, et mobilise des milices pour écraser la résistance paysanne. Il montre aussi comment Syngenta a lobbyé en 2007 pour réduire la zone tampon légale de 10 km à seulement 500 mètres, mutilant les protections environnementales. Au cœur : l'antagonisme entre l'agro-industrie biotechnologique et l'agriculture familiale, la biodiversité, ainsi que les droits fonciers et humains des paysans.

En clair

Ce document rapporte comment la compagnie Syngenta a violé les lois pour cultiver des OGM près d'une réserve protégée au Brésil, et comment des paysans de Via Campesina ont occupé le terrain pour l'en empêcher — avant d'être violemment attaqués par des miliciens armés qui ont tué l'un d'eux. C'est un cas réel de ce qu'il faut combattre : l'agro-industrie et la violence pour imposer les OGM contre l'agriculture paysanne locale.

Extraits

Syngenta viole les droits humains et ne respecte pas les lois brésiliennes. Elle est associée à des groupes de lobbying, des politiciens et de grands propriétaires terriens qui s'opposent à la réforme agraire et à l'agriculture familiale.

p. 2

La Loi 10.814/2003 interdisait la plantation de cultures OGM dans la zone tampon des aires de conservation.

p. 3

Après la visite de l'IBAMA en mars 2006, des paysans du Via Campesina (un mouvement paysan international) ont occupé le site d'essais de Syngenta pour exiger que l'entreprise arrête immédiatement ses expériences illégales.

p. 3

En novembre 2006, le gouvernement de l'État du Paraná, par décret, a exproprié le site d'essais de Syngenta afin d'y installer un centre d'agroécologie.

p. 3

L'occupation du site d'essais, qui s'est déroulée simultanément avec la Convention internationale sur la biodiversité, a été largement soutenue par la communauté internationale, et des écologistes de plus de 15 pays ont visité le site occupé.

p. 4

Les militaires ont tiré en arrivant et, après avoir touché Valmir Mota d'un tir à la jambe, lui ont tiré une balle dans la poitrine à bout portant, le tuant.

p. 5

En 2007, Syngenta, avec d'autres entreprises de biotechnologie, a réussi à faire du lobbying auprès du gouvernement fédéral pour réduire la zone tampon à seulement 500 mètres des aires de conservation.

p. 4

Parce que le Brésil est un marché clé et a considérablement contribué aux bénéfices de l'entreprise, il est de la plus haute importance que l'entreprise respecte les droits des agriculteurs brésiliens.

p. 2
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation