Despejo Campo do Meio_oficio_reuniao_Zema
MST Brésil — biblioteca (WP REST API) 2020-08-12 Microsoft: Print To PDF SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est un appel urgent adressé au gouverneur du Minas Gerais (Brésil) par la Commission de Droits Humains et Minorités du Congrès national, sollicitant l'arrêt immédiat d'une opération d'expulsion contre le campement Quilombo Campo Grande. Situé sur la Fazenda Ariadnópolis à Campo do Meio (MG), ce campement regroupe 453 familles de sans-terre (sem-terra) qui y vivent depuis plus de 20 ans et ont développé une production agricole intensive : 40 hectares de potagers (hortas), 120 000 arbres (60 000 natifs, 60 000 fruitiers), 8 tonnes de miel annuelles. Les 4 000 hectares occupés, dont 95 % transformés en zones productives (3 100 hectares), constituent une réalisation concrète d'une agriculture paysanne viable. Le document soulève une violation systématique des droits humains : d'une part, la Résolution n° 102 (2018) du Conseil National des Droits Humains brésilien interdit les expulsions sans plan préalable de réinstallation adequate ; d'autre part, l'ONU-Habitat et le rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'habitat demandent explicitement au Brésil de suspendre tous les despejos durant la pandémie. Or, aucun plan de réinstallation n'existe, aucun refuge n'est prévu, et l'État « semble prioriser la reprise de propriétés appartenant aux grandes entreprises et propriétaires fonciers ». Le document expose ainsi le clivage entre normes juridiques internationales et leur application concrète dans un contexte où les autorités locales protègent les intérêts du capital foncier plutôt que les droits des populations les plus vulnérables.
En clair
453 familles qui cultivaient une terre depuis 20 ans se font chasser par la police, alors que la loi elle-même interdit cette expulsion sans relogement. Les députés demandent au gouverneur d'arrêter : c'est montrer que la loi n'est appliquée que contre les pauvres, pas contre les puissants.
Extraits
il y a 453 familles sur place, depuis plus de 20 ans
La superficie occupée par le Quilombo est d'environ quatre mille hectares. Neuf cents sont une zone de préservation. Le reste, 3 100 hectares, a 95 % de la terre transformée en zone productive
les expulsions et les déclogements ne doivent se produire que dans des circonstances exceptionnelles, avec l'élaboration adéquate d'un plan préalable de déplacement et de réinstallation
Rien de tout cela n'a été observé. Il n'y a pas de plan de déplacement. Il n'y a nulle part où emmener les familles ni leurs biens.
Les autorités locales semblent également privilégier la récupération de propriétés appartenant aux grandes entreprises et aux propriétaires terriens, au détriment de la santé et de la sécurité des personnes vulnérables
Les États-Membres ont l'obligation de respecter, protéger et garantir le droit à un logement adéquat en tant que partie du droit à un niveau de vie adéquat