Louise I. Carbert - Agrarian Feminism: The Politics of Ontario Farm Women
discovery_promoted 2007-10-23 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est une critique universitaire du livre de Louise I. Carbert « Agrarian Feminism: The Politics of Ontario Farm Women » (1995). Le critique, Terry Crowley, analyse une enquête par questionnaire menée auprès de 117 femmes agricultrices de l'Ontario engagées dans la production agricole marchande. L'étude explore le degré d'adhésion à des valeurs féministes parmi ces femmes rurales, particulièrement via l'examen de structures comme le Federated Women's Institutes of Ontario. Le résultat principal est décevant pour une thématique « féminisme agraire » : seules 23 % de l'échantillon s'identifient comme féministes au sens strict (valorisant l'égalité, l'autonomie, l'affirmation de soi). Crowley critique la méthodologie (échantillon biaisé, non représentatif), mais trouve néanmoins une certaine pertinence aux conclusions de Carbert. L'argument central souligne que le travail physique mécanique sur la ferme corrèle avec des rapports conjugaux plus égalitaires, tandis que le contrôle sur les ventes de produits agricoles n'accroît pas nécessairement le sentiment d'autonomie. Carbert conclut que ces femmes engagées dans le travail agricole sont peut-être « inconsciemment, de véritables féministes agraires ». Le document pose la tension classique entre autodéfinition politique et pratique réelle, mais reste limité à une sociologie attitudinale sans ancrage dans les mouvements collectifs, les formes de propriété alternative, ou les luttes pour la terre. Aucune dimension d'agroécologie, de souveraineté alimentaire, de communs fonciers, ou de transformation politique n'émerge du texte.
En clair
Ce texte montre que les femmes qui travaillent dur à la ferme en Ontario ne s'appelaient pas elles-mêmes féministes, même si elles vivaient une forme d'égalité dans leur travail. C'est utile pour comprendre pourquoi le mot 'féminisme' n'a pas pris dans les campagnes — mais ce n'est pas une histoire de luttes pour la terre ou l'autonomie paysanne.
Extraits
Louise Carbert identifie l'adhésion à l'égalité comme le principe fondamental du féminisme, bien qu'une telle croyance contredise la biologie et les cycles de vie différents des deux sexes. Sur cette mesure, seulement 23 % de son échantillon se sont affirmés comme féministes.
L'expression de telles opinions était la plus forte non pas où les hommes et les femmes travaillaient ensemble à la ferme, mais où les hommes avaient une éducation inférieure à celle de leurs épouses et où ils s'engageaient également dans du travail en dehors de la ferme, laissant les activités agricoles plus entièrement entre les mains des femmes.
Ces femmes pourraient être, sans le réaliser, les véritables féministes agraires.