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La Vía Campesina — publications (WP REST) 2018-11-14 ilovepdf.com SCORE 7/10

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Synopsis

Ce rapport, publié en octobre 2018 par AFSA et GRAIN, documente les systèmes de semences gérés par les agriculteurs (FMSS) en Afrique subsaharienne, en s'appuyant sur six études nationales (Éthiopie, Mali, Sénégal, Ouganda, Zambie, Zimbabwe). Le document établit un constat fondamental : malgré le narratif dominant affirmant la nécessité des semences industrielles pour nourrir le continent, ce sont les agriculteurs locaux qui produisent 80-90 % des semences plantées en Afrique. Ces systèmes fermiers sont profondément ancrés dans les savoirs intergénérationnels, les pratiques coutumières et les identités culturelles des communautés rurales. Le rapport conteste ainsi le discours de supériorité des semences corporatives en montrant que les variétés locales sont adaptées à la diversité des écosystèmes, aux méthodes agroécologiques, et à la résilience face aux changements climatiques. Il souligne le rôle crucial — et largement invisibilisé — des femmes comme gardiennes des semences. Le rapport expose comment les gouvernements africains, soumis à la pression corporatiste, adoptent des politiques régionales (OAPI, ARIPO, COMESA) qui favoritent les monopoles sur la propriété intellectuelle des semences au détriment de l'accès paysan. Face à cette uniformisation forcée et aux campagnes de promotion finançées des semences industrielles (monocultures, intrants chimiques), le rapport plaide pour une reconnaissance, un soutien et une protection politique des systèmes de semences fermiers comme fondement de la souveraineté alimentaire et de l'agroécologie en Afrique.

En clair

Ce rapport montre qu'en Afrique, les paysans produisent eux-mêmes 80 % des semences qu'ils plantent depuis des siècles, et que ça marche bien pour nourrir les gens et protéger la nature — contrairement à ce que les corporations et gouvernements affirment. Ça prouve qu'il existe une vraie alternative à l'agriculture industrielle, surtout si on veut que les femmes et les paysans gardent le contrôle de ce qu'ils mangent.

Extraits

La grande majorité de la nourriture produite sur le continent provient de semences produites par des agriculteurs locaux (certaines études évaluent ce chiffre à 80%)

p. 4

Les femmes sont les gardiennes des semences de l'Afrique. Bien qu'elles soient reconnues comme les principales dépositaires des semences au sein de leurs communautés, leur contribution reçoit rarement une reconnaissance et un soutien officiels.

p. 5

Les systèmes de semences gérés par les agriculteurs soutiennent la production agroécologique à petite échelle et la souveraineté alimentaire.

p. 5

L'uniformité a remplacé la diversité comme norme. Le contrôle monopolistique fondé sur les droits de propriété a progressivement remplacé le partage comme nouveau système de distribution des semences.

p. 4

Une promotion bien financée, des subventions, de la coercition et de la publicité sont déployées dans une tentative de généraliser les semences industrielles conçues pour les monocultures et les produits chimiques.

p. 5

Les gouvernements sont pressés d'adhérer à des accords régionaux sur la propriété intellectuelle, le commerce et les semences, tels que l'OAPI, l'ARIPO, l'UEMOA, la COMESA et la SADC, qui profitent aux corporations.

p. 5

Pendant des siècles, les paysans et les petits agriculteurs d'Afrique ont géré, sélectionné, amélioré, multiplié, conservé, planté et échangé des semences, en utilisant leurs propres connaissances intergénérationnelles.

p. 6

Si l'Afrique possède une telle richesse et une telle diversité de cultures vivrières et d'autres plantes, c'est grâce aux communautés agricoles locales qui collectent, conservent, développent et échangent des semences depuis des millénaires.

p. 4
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