Climate justice, commons, and degrowth

Archive.org — théorie des communs (Ostrom, CPR, collective action) 2019-03-22 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

Cet article académique de l'Ecological Economics (2019) établit une connexion critique entre justice climatique, communs, décolonisation et décroissance. L'auteure diagnostique l'inégalité économique croissante depuis les années 1980 comme obstacle majeur à l'action climatique : concentrée dans 1% de la population contrôlant 82% de la richesse mondiale, cette concentration produit une dépolitisation et du populisme réactionnaire qui rend impossible une action démocratique face à la crise. Le texte refuse l'idée que la destruction écologique serait inhérente à la nature humaine, en proposant au contraire une généalogie historique : les communs (ressources en pool, gouvernance collective, propriété non-marchande) ont soutenu les économies humaines pendant des millénaires. C'est leur destruction, pas leur absence, qui est le produit de l'histoire — spécifiquement, du capitalisme, du colonialisme, et de la patriarchie. L'auteure mobilise deux traditions critiques majeures : l'écofeminisme, qui documente comment la montée du capitalisme et du colonialisme a détruit les communs existants, affaibli les droits des femmes, et créé l'inégalité contemporaine (notamment via Federici sur les enclosures du 16e siècle) ; et la pensée autochtone, qui critique la propriété privée comme logique coloniale, en opposant des systèmes sophistiqués de droits fonciers fondés sur la réciprocité écologique, le leadership contingent, et le partage cérémoniel (potlatch). Le texte soutient que la décolonisation et la réaffirmation des communs — en particulier par les femmes et les peuples autochtones — sont des conditions nécessaires à une gouvernance participative capable de réduire réellement les émissions. La décroissance est vue comme un catalyseur utile pour repenser la consommation matérielle, mais elle doit être enracinée dans l'équité pour ne pas aggraver les inégalités. Le renouvellement des communs (commoning) réoriente l'économie vers la 'provisioning' (l'approvisionnement collectif) plutôt que la croissance mesurable du PIB, dépassant les catégories marchandes conventionnelles.

En clair

Ce texte montre que les terres et ressources gérées collectivement (sans propriétaire privé) ont fonctionné pendant des millénaires et peuvent marcher aujourd'hui pour le climat et la justice. Il rappelle que les femmes et les peuples autochtones ont toujours résisté quand on leur a volé leurs terres — on peut s'en inspirer pour réinventer l'économie.

Extraits

Les chercheurs et activistes autochtones critiquent la propriété privée dans le contexte du colonialisme de peuplement, en décrivant des systèmes socio-politico-économiques dotés de formes sophistiquées de droits de propriété qui ont maintenu les sociétés humaines pendant des milliers d'années.

p. 2

Le premier enclosure des terres communes en Europe du 16e siècle et dans ses colonies a été fondamental pour l'établissement du capitalisme et l'approfondissement du patriarcat.

p. 2

La praxis autochtone (et aussi écofémiste) est ancrée dans le leadership des activistes pour la mise en commun et la résistance à l'extraction, l'économie des combustibles fossiles et les droits de propriété marchandisés.

p. 1

des femmes tenant des fourches et des faux ont résisté à la clôture des terres ou au drainage des marécages quand leurs moyens de subsistance étaient menacés.

p. 2

La justice socio-environnementale et climatique, la mise en commun et la décolonisation sont des conditions préalables à une gouvernance participative et responsable qui signale et assiste le développement de systèmes socio-politiques équitables.

p. 1

Les théoriciens écoféminstes décrivent comment la montée du capitalisme et du colonialisme a conduit à la destruction des communs préexistants, a miné les droits des femmes et a produit une inégalité sociale généralisée et une marginalisation.

p. 2
Version interactive ↗ Fiches proches · BibTeX · partage par citation