Food Sovereignty: Power, Gender, and the Right to Food

discovery_promoted 2012-06-05 SCORE 9/10

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Synopsis

Cet article de Rajeev C. Patel pose un diagnostic fondamental : la faim n'est pas un problème de production alimentaire insuffisante, mais un enjeu de pouvoir et de droits d'accès. En s'appuyant sur la pensée d'Amartya Sen, l'auteur distingue nettement « food security » (sécurité alimentaire comme accès nutritif) de « food sovereignty » (souveraineté alimentaire comme droit des communautés à définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles). Cette distinction est un enjeu politique majeur : la Via Campesina, grande fédération de mouvements paysans, sans-terre et agriculteurs (150+ millions de membres, 70 pays), a forgé la food sovereignty comme cadre central d'action contre le libre-échange agricole imposé et la concentration corporatif extrême du système alimentaire. Le texte place au cœur de l'analyse une dimension absente des approches de food security : les droits des femmes. Les femmes constituent 43% de la main-d'œuvre agricole mondiale, produisent largement pour l'autoconsommation (vivrier), et subissent des discriminations systématiques (accès à la terre, salaires, technologie, crédits). 60% des sous-nourris mondialement sont des femmes ou filles. La FAO note que l'égalité d'accès aux ressources productives augmenterait les rendements de 20–30%, réduisant la faim mondiale de 12–17%. Le féminisme agraire devient donc condition sine qua non de toute souveraineté alimentaire démocratique. Patel documente aussi la concentration corporatif pathologique : 10 corporations contrôlent 90% de la vente mondiale de pesticides (2008), 10 autres 67% du marché mondial des semences (22 milliards $), 4 entreprises contrôlent 83,5% du marché du bœuf aux USA, 100 retailers seulement vendent 40% de l'épicerie mondiale. Le système crée un paradoxe : 1 milliard d'affamés coexiste avec 1,5 milliard de surpoids. Pour l'auteur et Via Campesina, ce n'est pas la nourriture qui manque, mais le pouvoir démocratique de décider ensemble ce qu'on cultive, comment, pour qui, et selon quelles règles.

En clair

Ce texte explique pourquoi la faim existe même quand il y a plein de nourriture : parce que quelques grosses corporations décident qui a le droit de manger et à quel prix. Les vraies solutions demandent que les paysans et paysannes eux-mêmes décident ensemble ce qu'ils cultivent et comment. C'est particulièrement crucial pour les femmes, qui produisent presque la moitié de la nourriture mais se font discriminer sur l'accès à la terre, aux crédits, aux technos.

Extraits

Les gens sont morts non par manque de nourriture, mais par manque du droit de la manger.

p. 1

Les communautés ont le droit de définir leur propre politique alimentaire et agricole.

p. 2

La Via Campesina appelle plutôt à ce que les gens soient souverains sur leurs systèmes alimentaires, à ce que les gens aient le pouvoir de décider à quoi devrait ressembler le système.

p. 2

Pour qu'une conversation démocratique sur la politique alimentaire et agricole ait lieu, les femmes doivent pouvoir participer à la discussion aussi librement que les hommes.

p. 2

Si les femmes avaient le même accès aux ressources productives que les hommes, elles pourraient augmenter les rendements de leurs fermes de 20 à 30 %.

p. 2

En 2008, les dix plus grands groupes agrochimiques contrôlaient près de 90 % des ventes mondiales de pesticides. Sur le marché mondial des semences de propriété exclusive d'un montant de 22 milliards de dollars américains, seules dix corporations en contrôlaient 67 %.

p. 2

La Via Campesina est une organisation de mouvements de paysans, paysannes et travailleurs sans terre, comptant plus de 150 millions de membres dans 70 pays.

p. 2
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