REPORT: THE HUMAN RIGHTS SITUATION IN HAITI
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2023-10-03 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Ce rapport dénonce la crise multidimensionnelle des droits humains en Haïti comme résultat de trois décennies d'interventionnisme étranger, de domination oligarchique locale et de violence des gangs. La section III expose le sort des communautés paysannes rurales : abandonnées par les gouvernements successifs (absence d'infrastructure, crédit, assistance technique), elles subissent une malnutrition paradoxale malgré leur rôle de fournisseurs alimentaires des villes. Le dumping d'importations tue la production locale et provoque un exode rural massif. Le cœur du dossier foncier : les terres paysannes — achetées, héritées, occupées depuis des décennies — sont saisies pour créer des « free zones » agricoles et industrielles destinées à faire d'Haïti une plate-forme d'export vers les États-Unis. Les paysans qui s'opposent sont arrêtés, torturés ; la justice corrompue légitime ces dépossessions. Le rapport établit que tout cela s'opère sous la tutelle du Haiti Core Group (États-Unis, Canada, France, Brésil, Espagne, Allemagne, UE, ONU, OEA), créé en 2004 après le renversement du gouvernement Aristide, qui impose un agenda de marchandisation des terres et de réduction de la participation populaire. La conclusion invoque le droit à l'autodétermination et à la souveraineté alimentaire, reliant explicitement libération foncière et autonomie politique. Le texte reste diagnostique : il expose ce qui est pris (les terres), mais propose peu sur les solutions collectives (communs, coopératives, agroécologie organisée).
En clair
En Haïti, des puissances étrangères et l'élite locale volent méthodiquement les terres des paysans pour en faire des zones de production exportatrice vers les États-Unis. Les paysans qui refusent sont emprisonnés et torturés, tandis que le pays meurt de faim malgré qu'il produit sa nourriture. C'est un coup de poignard dans le dos 50 ans après l'indépendance.
Extraits
Les communautés paysannes sont confrontées à l'accaparement des terres agricoles pour créer des zones de libre-échange industrielles et agricoles qui visent à « transformer Haïti en pays capitaliste, une plate-forme d'exportation pour le marché américain »
Les paysans sont arrêtés et torturés pour s'être opposés à ces projets, pour avoir vécu sur des terres qu'ils ont achetées, héritées ou occupées depuis des décennies.
Ces communautés souffrent de malnutrition, bien qu'elles ravitaillaient les villes en nourriture.
Les paysans sont de plus en plus contraints d'importer des produits alimentaires, « bénéficiant » du dumping qui tue la production locale.
Le système judiciaire corrompu, au service des accapareurs de terres, contribue à ces spoliations.
Ils s'engagent aussi dans une campagne internationale contre une nouvelle occupation du pays sous quelque forme ou prétexte que ce soit.
Les actions de ces entités nient le droit du peuple haïtien à l'autodétermination, à la souveraineté alimentaire et à un environnement sain.
Les gouvernements successifs ont négligé les besoins et les demandes des communautés paysannes, qui sont privées des services les plus élémentaires.