Integrating Customary Tenure into Formal Systems
International Land Coalition — latest 2018-07-18 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document constitue une Guidance Note de la Banque mondiale sur l'intégration de la tenure coutumière aux systèmes formels, dans les contextes de conflit et déplacement forcé. Il établit d'abord le diagnostic : 56 % des conflits sont liés à la terre, particulièrement dans les pays en développement. La tenure coutumière, bien que largement utilisée (90 % de la population rurale sub-saharienne y accède), ne bénéficie pas de reconnaissance légale formelle, ce qui expose ses détenteurs à l'insécurité foncière, aux expulsions et à la dispossession. Le texte examine ensuite les modalités de formalisation : codification en titres de propriété, enregistrement sans codification, administration par l'État ou par institutions hybrides (autorités traditionnelles + gouvernement local). L'enjeu déclaré est de concilier sécurité foncière, réduction de la pauvreté et accès au crédit. Cependant, le document reconnaît explicitement les défis majeurs : risque de « capture par l'élite », exclusion des groupes vulnérables (femmes, migrants, minorités), biaisés dans la mise en œuvre, manque d'adhésion locale. Il souligne également que les systèmes coutumiers, malgré leurs biais de pouvoir interne, offrent des avantages (légitimité sociale, accessibilité, coût, rapidité) souvent perdus lors de la formalisation. Enfin, il note que la pression croissante sur les terres provient de l'enclosure de terres communales et de concessions de grande envergure à des fins commerciales, sans consultation des populations coutumières. L'approche reste institutionnelle et technocratique, recherchant une « gouvernance responsable de la tenure », plutôt qu'une critique radicale des régimes de propriété.
En clair
Ce texte explique comment les gouvernements et la Banque mondiale veulent transformer les droits fonciers traditionnels en titres de propriété légaux pour éviter les conflits et les expulsions. Mais il reconnaît aussi que ce processus risque de favoriser les élites et d'exclure les femmes, les pauvres et les minorités. C'est utile pour critiquer les réformes foncières « par en haut » qui changent les règles sans demander aux gens, surtout dans les pays en conflit.
Extraits
UN-HABITAT estime que 90 pour cent de la population rurale en Afrique subsaharienne accède aux terres et aux ressources naturelles par des systèmes fonciers coutumiers et informels juridiquement précaires.
Ils tendent à refléter et à protéger les relations de pouvoir existantes au sein de la communauté, ce qui aboutit souvent à des droits fonciers plus faibles pour les femmes, les migrants, les minorités et les groupes marginalisés.
Augmentation de l'appropriation des terres communes et de vastes concessions sur les terres coutumières à des fins commerciales
Les systèmes de tenure foncière reflètent la distribution du pouvoir dans la société, les plus puissants bénéficiant de formes plus fortes de tenure foncière, tandis que les plus marginalisés accèdent aux terres par la tenure coutumière.
Dans de nombreux cas, la pression croissante sur les terres provient de l'allocation de terres publiques par l'État sans tenir compte des droits fonciers coutumiers ou religieux des populations sur ces terres.
Les institutions basées localement et socialement légitimes sont généralement l'option préférée en termes d'adéquation culturelle, d'accessibilité, de coût et de durabilité.
La restitution de terres et de logements détenus en vertu de la tenure coutumière est rendue plus difficile en raison de l'absence de documentation formelle de propriété.