The walk of peasant and popular feminism in La Via Campesina

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2021-11-25 Adobe PDF Library 16.0 SCORE 8/10

Document original ↗

Synopsis

Ce document retrace l'histoire de la construction du féminisme paysan et populaire au sein de La Via Campesina, un mouvement international de défense de l'agriculture paysanne fondé en 1992. De 1992 à 2017, le mouvement a progressivement institutionnalisé la participation des femmes et l'analyse féministe en tant que composante structurante de son projet politique. Le texte établit un lien indissociable entre souveraineté alimentaire, réforme agraire et libération des femmes. Les femmes paysannes font face à un triple combat : contre l'inégalité de genre qui les confine au travail domestique, contre le modèle agroalimentaire néolibéral dominé par les multinationales, et contre la répression des États et entreprises. Le document souligne que patriarcat et capitalisme agricole sont des systèmes interconnectés qui exploitent à la fois les femmes et la nature. Un enjeu clé est l'invisibilisation du travail productif et reproductif des femmes en agriculture, combinée aux obstacles pour accéder à la terre et obtenir crédit et services. Le féminisme paysan est présenté comme stratégie politique de transformation structurelle, non comme réforme. La récupération des semences créoles et natives est un acte de résistance collective. À travers cinq assemblées internationales (2000-2017), La Via Campesina a élargi sa compréhension féministe pour inclure les luttes de diversité de genre et droits LGBTI, positionnant la libération des femmes comme processus collectif impliquant la libération des peuples et la construction de nouvelles relations sociales.

En clair

Ce texte explique comment les femmes paysannes se battent sur deux fronts : pour avoir accès à la terre et à leur autonomie économique, ET contre les violences qu'elles subissent chez elles et dans la société. Il montre que ne pas résoudre le sexisme, c'est impossible de construire une vraie souveraineté alimentaire — les deux combats sont liés.

Extraits

La Via Campesina promeut la participation des femmes des zones rurales à tous les niveaux d'action, de pouvoir et de représentation dans la construction d'un mouvement international politiquement et socialement engagé dans la défense de l'agriculture paysanne, de la Souveraineté alimentaire

p. 6

L'équilibre des genres a été officiellement établi : « les femmes et les hommes paysans partageront les responsabilités de manière égale dans le mouvement. »

p. 7

Nous exigeons que les États mettent en place des mesures qui garantissent notre autonomie économique, l'accès à la terre, aux soins de santé, à l'éducation et à un statut social égal.

p. 8

Le système patriarcal affecte à la fois les femmes et la nature. Les femmes produisent du travail, et la nature génère des ressources, tous deux étant des sources nécessaires pour satisfaire les besoins du capitalisme.

p. 10

La Souveraineté alimentaire doit inclure une perspective féministe, et cela signifie rompre non seulement avec un modèle agricole capitaliste, mais aussi avec un système patriarcal qui opprime les femmes.

p. 10

Parler de Souveraineté alimentaire, parler de Réforme agraire exige de parler d'éliminer toutes les formes de violence contre les femmes

p. 11

La privatisation des ressources et des services a encouragé l'effondrement du travail dans les zones rurales. Dans le cas des femmes, cela les a incitées à partir et à démanteler leurs familles et leurs terres.

p. 12

Les semences sont l'héritage des peuples et ne peuvent donc être considérées comme des marchandises. Elles ont besoin des soins des agriculteurs, qui sont ceux qui les défendent

p. 13

Dans La Via Campesina, le féminisme est une large stratégie politique de transformation structurelle parce que la violence et l'inégalité sont des problèmes structurels.

p. 14

Cette assemblée a réaffirmé le besoin d'accroître la capacité à comprendre, accepter et créer des environnements positifs pour la diversité des identités de genre dans les organisations et/ou alliances et leur soutien aux droits des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queers et intersexes (LGBTI).

p. 9
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