LVC EN declaration Yaounde Cameroon 2026

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2026-03-29 SCORE 9/10

Document original ↗

Synopsis

La Via Campesina, rassemblant des paysans, pêcheurs artisanaux, pasteurs et peuples autochtones venus d'Afrique, d'Amérique latine, des Caraïbes, d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord, s'est réuni à Yaoundé le 24-29 mars 2026 lors de la 14e Conférence ministérielle (MC14) du WTO. Leur déclaration constate que, depuis trente ans, le WTO et les accords de libre-échange détruisent systématiquement les petits producteurs alimentaires du Sud global, appauvrissent les populations rurales et concentrent le pouvoir dans les mains des transnationales agricoles. Le document détaille comment le libre-échange force les pays à abandonner leur souveraineté alimentaire, entraînant la ruine des petits paysans, leur expulsion des terres, les migrations forcées vers les villes, et l'accaparement des terres par les corporations. La Via Campesina rejette catégoriquement toute négociation avec le WTO, qu'elle considère comme une institution irréformable au service des puissances du Nord. Elle appelle à l'abolition pure et simple du WTO. En alternative, le mouvement propose un nouveau cadre commercial fondé sur quatre principes : (1) la primauté de la souveraineté alimentaire — la nourriture comme droit, non comme marchandise ; (2) la subordination du droit commercial aux droits humains (UNDRIP pour les peuples autochtones, UNDROP pour les paysans) ; (3) l'autodétermination des peuples et la solidarité internationale ; (4) la réaffectation des négociations commerciales du WTO vers des forums légitimes (CFS, FAO, UNCTAD). Cette déclaration incarne une critique radicale de l'ordre commercial néolibéral et pose l'enjeu foncier au cœur du débat commercial global — chaque État doit pouvoir protéger ses petits producteurs et son environnement contre la concurrence mondialisée.

En clair

Ce texte dit : le commerce mondial force les petits paysans du Sud à disparaître en les écrasant avec la concurrence, et enrichit les multinationales agricoles qui accaparent les terres. La Via Campesina propose l'inverse : chaque pays doit nourrir sa population lui-même, en soutenant ses propres paysans et pêcheurs. Ça peut servir de manifeste ou de base légale pour demander l'annulation des accords de libre-échange qui détruisent l'agriculture locale.

Extraits

l'OMC et les accords de libre-échange entravent le développement des pays du Sud global et conduisent à la ruine des petits producteurs du monde entier

p. 1

Les petits producteurs alimentaires ont souffert sous l'idéologie capitaliste et néolibérale, qui force les pays à abandonner leur souveraineté alimentaire

p. 1

Tout pays a le droit et le devoir de défendre sa souveraineté alimentaire, afin d'assurer que sa population ait de quoi manger. À cette fin, les petits producteurs, paysans, pêcheurs, pasteurs et Peuples autochtones doivent être protégés et soutenus

p. 1

Les aliments importés bon marché détruisent les systèmes alimentaires locaux. Cela pousse les petits producteurs à la ruine et les force à abandonner leurs exploitations, à migrer et devenir des travailleurs migrants informels

p. 2

Les accords de libre-échange et leurs chapitres sur l'investissement conduisent à l'accaparement des terres, de l'eau et des territoires par les sociétés multinationales, qui expulsent les populations rurales et dévastent notre environnement

p. 2

Notre tâche, en tant que paysans ou pêcheurs artisanaux, n'est pas de concurrencer les petits producteurs sur d'autres continents ; notre tâche est de produire des aliments sains pour nos concitoyens sur nos territoires

p. 2

Notre proposition repose sur la primauté de la souveraineté alimentaire : l'alimentation est un droit, non une marchandise

p. 3

Nous croyons que la loi commerciale doit être subordonnée aux droits humains, et en particulier aux droits des Peuples autochtones (UNDRIP) et aux Droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP)

p. 3

rendre l'approvisionnement alimentaire d'une population dépendant des flux commerciaux internationaux est suicidaire

p. 1

le commerce doit être réimaginé comme un instrument servant le bien commun, l'autodétermination des peuples et menant à une prospérité partagée entre les nations

p. 3
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