Agricultures libertaires DIY
Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2021-09-03 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce document propose une réflexion théorique et expérimentale sur la place de l'agriculture dans les horizons révolutionnaires et autonomes. L'auteur identifie d'abord un angle mort : comment assurer la production alimentaire après l'effondrement du capitalisme ? Il confronte deux approches — une marxiste orthodoxe (où les paysans indépendants restent producteurs de nourriture) et une libertaire (reposant sur l'autogestion, les assemblées, la rotation des tâches pour abolir la classe paysanne elle-même). Le document soulève des questions cruciales : quels stocks alimentaires assurent la transition ? Comment éviter que les tâches minorées socialement — dont l'agriculture — ne reviennent de facto à des groupes socialement marginalisés (femmes, minorités, etc.) ? La seconde partie, « Vers une agriculture DIY », ancre ces réflexions dans le contexte contemporain : ZAD, mouvements autonomes, DIY. Elle pose un diagnostic frappant : le DIY prospère partout (cuisines collectives, repair cafés, autogestion) sauf en agriculture, où les tentatives collectives échouent régulièrement. L'auteur esquisse une alternative : une agriculture vivrière, hors économie monétaire, qui permette de déserter le salariat et la marchandisation de la nourriture. Il explore des modes d'échange non-marchands (don, troc, réciprocité), mais reconnaît la nécessité de maintenir un sens de la valeur relative des contributions — même sans rapports marchands. Argument historique central : les révolutions nées de sociétés paysannes (1789, Catalogne 1936, révolutions latino-américaines) ont mieux résisté à la famine que les soulèvements prolétariens urbains. Conclusion : même à petite échelle, des connaissances basiques en agriculture permettent une émancipation partielle du salariat et de la dépendance consumériste.
En clair
Ce texte t'explique pourquoi produire ta propre nourriture sans patron est l'arme la plus efficace pour ne plus dépendre du salariat et pour que la révolution ne finisse pas en famine. Il montre comment ça marche en pratique (échange de pain contre aide pour enfants) et reconnaît honnêtement pourquoi c'est si difficile — mais tu peux commencer, même seul ou en petit groupe.
Extraits
Que se passerait-il une fois la révolution advenue et les supermarchés vides ?
Quelle portée de la revendication d'abolition des classes ? Ne s'agirait-il pas in fine de remplacer une classe dirigeante par une autre ?
Historiquement, les révolutions qui n'ont pas rapidement fini en famine sont celles issues de sociétés paysannes (révolution française 1789, Catalogne 1936, révolutions latino-américaines, …)
Construire l'autonomie. ...faute de quoi on ne peut que faire le constat de son aliénation au système capitaliste.
L'agriculture vivrière, individuelle ou collective, fournit de la nourriture qui n'est pas une marchandise (au sens où elle n'est pas produite dans le but d'être vendue).
Elle permet surtout de déserter le salariat (toujours bon à prendre d'un point de vue individuel), de sortir de la dualité production/consommation.
Nous avons pratiqué différents modes d'échange, notamment au travers de la fournée de pain que nous faisions tous les dimanches, ou de coups de main pour des gardes d'enfants, faire les foins, poser du carrelage, etc.