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European Shepherds Network — publications 2015-07-11 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Cette déclaration du European Shepherd Network réunit des pasteurs de 17 pays européens autour d'une défense politique du pastoralisme comme système de production, rapport à la terre et patrimoine culturel. Le document articule trois éléments clés : un diagnostic de la valeur multidimensionnelle du pastoralisme (économique via des produits de qualité, environnementale par gestion écologique des écosystèmes et prévention d'incendies, culturelle via des savoirs ancestraux, sociale en fixant les populations rurales) ; un cri d'alarme face aux menaces existentielles (perte drastique de terres de pâturage à cause de l'infrastructure, l'urbanisation, les biocarburants et l'agriculture industrielle ; exclusion systématique des pasteurs des décisions politiques concernant l'aménagement territorial ; appropriation culturelle des produits par l'agro-industrie) ; des demandes policymakers centrées sur la reconnaissance légale du pastoralisme, l'inclusion politique, la révision de la Politique Agricole Commune (PAC) qui désavantage systématiquement l'élevage extensif, et la protection du droit de mobilité saisonnière ('transhumance'). Le texte dénonce explicitement le 'land grabbing' et l'impossibilité croissante pour les jeunes d'accéder à la terre. Remarquablement, les pasteurs revendiquent non une propriété exclusive mais un **droit d'usage communal et mobile** de la terre, articulant ainsi une critique pratique de l'enclosure moderne (privatisation, fragmentation, autres usages) et une visibilité donnée au pastoralisme extensif comme **système anti-industriel et écologiquement vertueux**. La mobilisation croissante du secteur — création de fédérations, réseaux internationaux, partenariats scientifiques — démontre une capacité d'auto-organisation face aux politiques hostiles.
En clair
Partout en Europe, les bergers et les éleveurs de rennes se battent pour garder le droit de faire paître leurs bêtes sur les terres sans se faire expulser par les mines, les routes ou les grandes fermes industrielles. Ils demandent aux gouvernements de les écouter quand on décide ce qui se passe sur leurs terres, au lieu de laisser les grandes entreprises prendre leurs produits traditionnels et les vendre comme si c'était industriel.
Utile pour comprendre comment d'autres producteurs que les sans-terre — les pasteurs, les bergers, les petits éleveurs — défendent aussi le droit à la terre et la possibilité de décider de leur propre vie.
Extraits
Pour les jeunes, il est souvent difficile d'accéder à la terre.
Nous perdons des terres de pâturage en raison de la concurrence entre les différents types d'utilisation des terres : développement des infrastructures et de l'énergie, exploitation minière, réserves naturelles, habitations de loisir, cultures de biocarburants, agriculture intensive, sylviculture, fragmentation, etc.
Arrêter la perte de terres de pâturage, l'accaparement des terres et les restrictions de mobilité qui rendent impossible le maintien d'un système pastoral viable.
Nous sommes les utilisateurs traditionnels des terres, mais nous sommes systématiquement exclus des décisions relatives à la gestion des terres.
Nous protégeons l'environnement en préservant les écosystèmes valorisés où les plantes et animaux menacés peuvent survivre, en empêchant la prolifération des arbustes et en réduisant le risque d'incendies.
Notre culture englobe le patrimoine matériel et immatériel, la gastronomie et les races animales. Elle préserve les populations et sociétés rurales et représente une opportunité pour les jeunes gens de générer des revenus et de vivre une vie significative.