Industriellt Jordbruk och Klimatkaos (version suédoise — booklet)

Infokiosques.net — Paysannerie & ruralité 2019-04-05 SCORE 4/10

Document original ↗

Synopsis

Ce manifeste suédois démasque l'agriculture industrielle comme cause majeure de la crise climatique, responsable de 44–57 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Loin d'être une solution neutre, l'agriculture industrielle fonctionne selon les principes capitalistes de concentration, de spécialisation et de profit : accaparement des terres des petits paysans, monoculture d'exportation, dépendance aux intrants synthétiques (engrais, pesticides, semences brevetées). Le texte historicise ce système comme reproduction des patterns coloniaux : tout comme les colonisateurs européens du XIXe siècle ont confisqué les terres fertiles d'Afrique pour les transformer en plantations d'exportation (café, sucre), l'agriculture contemporaine dépossède les petits exploitants de leurs terres pour produire du soja, des biocarburants et des aliments transformés destinés aux marchés globaux. L'exemple emblématique du Danemark illustre l'absurdité du système : 60 % du territoire cultivé, dont 81 % consacré à l'alimentation animale (dont 49 % de l'intégralité du pays pour la seule industrie de la viande). Paradoxe structural : bien que l'agroindustrie contrôle la majorité des terres cultivables mondiales, 70 % de la production alimentaire mondiale vient des petits exploitants paysans de pays asiatiques et africains—72 % des fermes mondiales font moins d'un hectare, mais ne contrôlent que 8 % des terres arables. Le texte rejette les fausses solutions promues par les multinationales et gouvernements (« Climate Smart Agriculture », OGM résistants à la sécheresse, géoingénierie) comme simples tentatives de perpétuer le « business as usual » sous couvert écologique. Les vrais leviers de transformation : abolition de l'agroindustrie, redistribution des terres aux petits cultivateurs, transition vers l'agroécologie et les méthodes durables, restauration de la fertilité des sols appauvris par l'extraction industrielle, et affirmation de la souveraineté alimentaire locale. Le texte souligne que cette transition est concrètement possible : restaurer en cinquante ans le contenu organique du sol à son niveau pré-industriel pourrait réduire les émissions mondiales de 25–30 %. L'enjeu est donc aussi politique et foncier que climatique : il s'agit de casser le monopole des cinq ou six géants (Yara, Mosaic, PotashCorp, etc.) qui dominent les marchés de l'engrais et des semences, et de réaffirmer le contrôle paysan sur la terre et les systèmes alimentaires.

En clair

Ce texte explique comment les grandes entreprises agricoles volent la terre aux petits paysans, détruisent la nature et causent la crise climatique. La solution : rendre les terres aux paysans et cultiver localement de manière écologique, comme autrefois, mais en commun. Utile pour comprendre le lien entre agriculture, climat, colonialisme et dépossession foncière moderne.

Extraits

Le système agricole industrialisé expulse les petits agriculteurs de leurs terres pour laisser place aux cultures monoculturales sur de gigantesques plantations

p. 2

agroécologie, méthodes agricoles durables et souveraineté alimentaire, qui garantissent l'autodétermination sur les systèmes alimentaires

p. 2

Les petites fermes qui pendant des siècles avaient produit de la nourriture locale pour la consommation locale ont été saisies par les colonisateurs européens et transformées en grandes plantations

p. 3

Le système agricole mondial, industrialisé et orienté vers l'exportation que nous voyons aujourd'hui reproduit les schémas coloniaux

p. 4

On estime que 72 % de toutes les fermes du monde sont inférieures à un hectare. Ces petits agriculteurs ne contrôlent que 8 % des terres cultivables mondiales. Néanmoins, les petites exploitations agricoles représentent 70 % de la production alimentaire mondiale.

p. 5

De la nourriture pour le peuple, pas des récoltes pour le profit !

p. 2

Nous devons travailler pour établir des systèmes locaux dirigés par les petits agriculteurs. En assurant une redistribution des terres aux petits exploitants

p. 4

44-57 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de l'agriculture industrielle

p. 2

En restructurant l'agriculture, en passant à l'agroécologie et en utilisant des méthodes plus prudentes, les terres épuisées peuvent se rétablir.

p. 7

Bien que l'agroindustrie possède la grande majorité des terres cultivables du monde, ce sont encore les petits agriculteurs qui produisent la majorité de la nourriture mondiale.

p. 4
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