Zainal HRC 49th session Intervention
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2022-03-21 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cette intervention orale, présentée par Zainal Arifin Fuat de La Via Campesina devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en mars 2022, constitue un plaidoyer politique pour les droits des paysans et des peuples autochtones sur la terre, les semences et la biodiversité. Le texte s'appuie sur deux déclarations onusiennes majeures : la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) et la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (UNDRIP). La Via Campesina, présentée comme le plus grand mouvement paysan mondial, articule explicitement le lien entre accès à la terre, souveraineté alimentaire, et droits des semences. Le point focal du texte concerne le rôle politique et pratique des femmes paysannes dans la conservation et la transmission des semences. L'intervenant rapporte une expérience concrète tirée de la campagne mondiale « Seeds: Heritage of the Peoples at the Service of Humanity » lancée en 2003 : lorsque des semences ont été confiées à des paysans — hommes et femmes — pour conservation, seules les femmes les ont retournées dans le délai convenu. Cette observation devient un argument pour revendiquer que la gestion des semences soit directement confiée aux femmes paysannes, aux peuples autochtones et aux travailleurs ruraux. Le cœur politique du texte est l'opposition frontale à la privatisation des semences, à la manipulation génétique commerciale, à la propriété intellectuelle sur les ressources génétiques, et à « toutes les formes d'appropriation de la vie ». Cette opposition s'inscrit dans une vision alternative : les semences et la biodiversité sont présentées comme un « patrimoine des peuples » à gérer collectivement, non comme des marchandises à breveter ou à contrôler par des firmes. Le texte appelle à aligner les systèmes nationaux de semences sur trois instruments : le Traité international sur les ressources phytogénétiques (ITPGRFA), la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), et les deux déclarations onusiennes (UNDRIP et UNDROP). C'est donc un appel simultanément à la reconnaissance juridique des droits collectifs des paysans et des indigènes, et à la protection des femmes dans ces processus. Le ton est celui d'une organisation de base portant la voix de mouvements populaires sur la scène internationale, sans compromis sur le rejet de la marchandisation de la vie. Le document illustre comment les acteurs des luttes pour la terre articulent féminisme agraire, souveraineté alimentaire, et critique de l'accaparement des ressources génétiques.
En clair
La Via Campesina dit à l'ONU : « Les semences et la terre doivent rester une propriété commune gérée par les paysans et surtout par les femmes qui les cultivent, pas devenir des produits brevetés vendus par les grandes firmes ». Preuve : quand on donne des semences à conserver, ce sont les femmes qui les rendent à temps, pas les hommes — donc il faut les écouter.
Extraits
Je suis Zainal Arifin Fuat, membre du Comité de Coordination International de La Via Campesina, le plus grand mouvement paysan du monde
Ces Déclarations portent sur le droit à la terre, aux semences et à la biodiversité, ainsi que sur les droits collectifs ancrés dans le principe de Souveraineté Alimentaire
Les femmes rurales diverses ont été liées, tant par le passé qu'aujourd'hui encore, à la sélection, au nettoyage et à la conservation des semences
Une expérience cruciale de cette campagne a été que une fois les semences remises aux paysans et paysannes pour conservation, seules les femmes ont retourné les semences dans le délai convenu
nous nous opposons fortement à la privatisation des semences, à la manipulation génétique, à la propriété intellectuelle et à toutes les formes d'appropriation de la vie
La Via Campesina renforce depuis 2003 une Campagne Mondiale intitulée « Semences : Patrimoine des Peuples au Service de l'Humanité »
Les efforts collectifs pour que les semences et la biodiversité prospèrent et soient protégées doivent être confiés aux paysans, aux peuples autochtones, aux travailleurs, et en particulier aux femmes et aux jeunes