Ocupar é lutar — version portugaise, à imprimer (1984)

Infokiosques.net — Squat (rapport à l'habiter) 2022-10-31 Adobe PDF Library 10.0.1 SCORE 6/10

Document original ↗

Synopsis

Ce manifeste autonome des années 1980 (Molotov & Confetti, Paris 1984) articule l'occupation de logements urbains comme acte politique collectif, détaché d'une simple réponse au manque de logement. Face aux 300 000 logements vides à Paris et aux 50 000 sans-abri, le texte refuse la neutralité de l'occupation : elle doit s'inscrire dans une lutte plus large contre le contrôle étatique, la surveillance urbaine et l'ordre urbain capitaliste. Les 'ocupas' — squats collectifs — y sont pensées comme des espaces de vie collective et de résistance, mais le texte avertit que l'isolement les condamne à mort. Une ocupa ne survit que si elle se relie aux luttes de chômeurs, d'émigrés, sans-papiers, précaires. Le document critique le projet urbain de 'nettoyage' — une ville 'propre, ordonnée, disciplinée et rentable' où chacun est 'dispersé, isolé, surveillé, contrôlé' — et oppose l'occupation comme rupture : des 'tribus' de jeunes, des 'bataillons de chômeurs', des migrants qui font irruption dans l'ordre. Traduit du français en portugais en 2022, ce texte documente l'autonomie urbaine européenne des années 1980 et sa tentative de lier l'habitat au politique sans réduction.

En clair

Ce texte dit : occuper une maison vide ne suffit pas à faire vivre un squat. Il faut le relier à d'autres luttes (chômage, droit des migrants, police) sinon il meurt isolé. L'occupation urbaine, c'est refuser l'ordre capitaliste qui te contrôle et te disperse de partout, pas seulement chercher un logement.

Extraits

La difficulté, et 300 000 logements vides rien qu'à Paris.

p. 3

Parce que l'État, lui, n'oublie jamais ce que nous sommes. Parce que son oppression ne s'arrête pas à la maison.

p. 3

Aujourd'hui, si un squat est un ghetto dans le ghetto, il meurt. Pour fonctionner, une seule condition : être en lutte.

p. 3

Tu paies là où on te dit de payer. Tu grandis là où on te dit d'habiter. Chacun dans son coin. Tous bien dispersés, bien isolés…

p. 4
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