Lettre ouverte aux États membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) et à la Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE)
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2018-05-31 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Cette lettre ouverte de Via Campesina Afrique australe et orientale s'adresse aux gouvernements de la SADC et de la CAE pour dénoncer l'inadéquation des réponses politiques à la crise climatique. Elle positionne l'agroécologie paysanne et la souveraineté alimentaire comme seules réponses authentiques, rejetant les « fausses solutions » basées sur le marché (CSA, REDD+, géoingénierie). Le texte critique l'allocation massive de terres arables aux investisseurs étrangers et aux conglomérats miniers au détriment des petits paysans, malgré des réformes agraires officielles (Zimbabwe cité en exemple incomplet). Il dénonce aussi l'accaparement des ressources par l'agriculture contractuelle, la dépendance des gouvernements africains à l'aide étrangère et aux conditions que celle-ci impose, et la criminalisation des défenseurs des droits paysans. La lettre articule plusieurs dimensions : climatique (adaptation, atténuation), foncière (réforme agraire inachevée, accaparement), énergétique (mégaprojets imposés), et politique (souveraineté alimentaire comme forme de résistance). Elle appelle à une mise en œuvre démocratique de la Déclaration de Maputo et à une action régionale concertée contre les logiques de profit qui sacrifient les communautés paysannes et autochtones.
En clair
Des paysans d'Afrique disent : au lieu de laisser les grandes entreprises étrangères acheter nos terres et nous imposer de cultiver ce qu'elles veulent, nos gouvernements doivent nous soutenir pour cultiver autrement et nourrir nos familles — c'est ça qui résoudra la crise climatique. Ils dénoncent que même les réformes de redistribution des terres ont échoué parce que tout est redevenu entre les mains des investisseurs.
Extraits
des solutions viendront de l'agroécologie paysanne, enracinée dans la souveraineté alimentaire.
Nous, la région de l'Afrique australe et orientale de la Via Campesina, sommes membres d'un mouvement social mondial composé de différents types de producteurs : paysans, petits agriculteurs, pêcheurs [...] sans-terre, communautés urbaines, consommateurs, jeunes et femmes.
La réforme agraire dans de nombreux pays d'Afrique, y compris les exemples les plus réussis, comme le Zimbabwe, n'a pas encore atteint le niveau de la réforme agraire totale.
la tendance croissante à l'accaparement des terres par l'agriculture contractuelle.
L'accaparement généralisé des ressources affecte surtout les communautés paysannes.
L'agroécologie paysanne est la réponse à comment transformer et réparer notre système alimentaire et notre monde rural, et constitue une solution de base au changement climatique mondial.