Le vivrier marchand dans la lutte contre la pauvreté des ménages en milieu rural : le cas du département de la Mvila dans le sud du Cameroun
HAL — paysannerie / agriculture vivrière 2026-09-04 SCORE 6/10
Document original ↗Synopsis
Cette thèse de géographie (2017) examine la commercialisation progressive de l'agriculture vivrière au Cameroun, particulièrement dans le département de la Mvila, et son potentiel à réduire la pauvreté rurale. L'agriculture vivrière reste la base économique de plus de 80 % de la population active locale, traditionnellement orientée vers l'autoconsommation familiale. Depuis les années 1990, notamment après la crise agricole des années 1980, l'État camerounais a promu une transition vers le « vivrier marchand » (commercialisation des cultures vivrières), en légalisant les GIC (Groupements d'Initiative Commune) et en finançant des programmes d'accompagnement des producteurs. Cependant, l'enquête de terrain révèle que cette transition demeure timide : beaucoup de ménages considèrent le vivrier marchand comme une source de revenus accessoire, restent fortement dépendants de la cacaoculture, et ne disposent pas des infrastructures productives et commerciales modernes nécessaires. L'autrice identifie plusieurs obstacles structurels : manque de dynamiques collectives solides, baisse des volumes de production, risques accrus, faible rentabilité, et inertie des ménages face à l'innovation agricole. Elle conclut que, bien que certaines organisations paysannes produisent des résultats encourageants, l'ampleur des défis actuels (dépendance aux cultures d'export, déficit d'équipements, fatigue paysanne) rend fragile la viabilité de cette stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté. Le travail offre un éclairage critique sur les décalages entre politiques d'en haut et dynamiques paysannes réelles en Afrique centrale.
En clair
Ce texte explique pourquoi les paysans du Cameroun ne vendent pas plus facilement leurs légumes et récoltes locales, même quand le gouvernement les y encourage. C'est utile pour comprendre comment les petits paysans restent bloqués et pauvres en Afrique, et pourquoi former un groupement paysannes (GIC) n'est pas suffisant sans argent, équipement et marché.
Extraits
L'agriculture vivrière est encore pratiquée par plus de 80% de la population active dans les villages de la Mvila.
la commercialisation vivrière évolue timidement. Et pour beaucoup de ménages, le vivrier marchand reste une source de revenus accessoire.
la dépendance paysanne à la cacaoculture
l'absence de modernisation des appareils productifs et commerciaux des cultures vivrières
malgré l'évidence de quelques dynamiques des organisations paysannes, l'ampleur des défis actuels restreint beaucoup la faisabilité des initiatives