Nyeleni_Newsletter_Num_59_EN

La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-03-06 Adobe PDF Library 17.0 SCORE 7/10

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Synopsis

Ce numéro 59 de la newsletter Nyéléni (mars 2025) inscrit les pêcheries artisanales au cœur de la lutte pour la souveraineté alimentaire, dénoncant l'expansion de l'aquaculture industrielle comme un mécanisme d'accaparement territorial et écologique. Le texte établit une distinction critique entre deux modèles : la petite aquaculture durable (pisciculture en eau douce, élevage semi-sauvage de mollusques), qui contribue à la sécurité alimentaire locale avec peu d'impacts écologiques, et l'aquaculture industrielle qui concentre le contrôle des ressources marines entre les mains de grandes corporations et élites locales, tout en détruisant massivement. Chaque kilogramme de saumon d'élevage requiert entre 1,5 à 6 kg de poissons sauvages réduits en farine — des poissons prélevés dans les zones de pêche du Sud Global où ils constituent une nourriture bon marché pour les populations locales. Parallèlement, les fermes aquacoles s'installent sur les territoires traditionnels de pêche et d'agriculture, les expulsant par pollution et contamination chimique. Cette logique rappelle l'enclosure historique et le land grabbing : privatisation des communs contre leur vocation nourricière et communautaire. Le document dénonce aussi la capture politique des agendas de souveraineté alimentaire par les financeurs philanthropiques poussant des cadres « verts » autoritaires comme 30by30 ou la « Blue Transformation » de la FAO, qui enferment les peuples dans une conservation castratrice plutôt que de défendre leurs droits territoriaux réels. En réaction, les pêcheurs et organisations mobilisent des campagnes mondiales (#FishFarmsOut, déclaration du WFFP 2025) affirmant que l'aquaculture industrielle est du vol océanique et une criminalisation des peuples pêcheurs. Le texte inclut aussi le témoignage des droits autochtones : aux États-Unis et Canada, les peuples autochtones tiennent leurs droits de pêche de traités nation-à-nation, mais ces droits sont violés par l'industrie du chalutage. La pollution au mercure des Grands Lacs « prépollue » les nouveau-nés autochtones, menaçant à la fois la subsistance et la transmission culturelle et linguistique. Le message global : les mouvements de pêcheurs doivent se fédérer, affirmer une position politique autonome contre les agendas imposés, et imposer leur centralité dans le mouvement pour la souveraineté alimentaire et la justice climatique.

En clair

Les grandes fermes de poissons privées conquièrent les eaux que les petits pêcheurs et peuples autochtones utilisaient depuis des siècles, les empoisonnent et les détruisent pour exporter du poisson cher vers les pays riches. Des pêcheurs du monde entier se battent maintenant ensemble pour garder leurs eaux et leur droit de nourrir leurs familles et villages sans destruction.

Extraits

elle privatise, clôture et détruit nos territoires; dépossédant les peuples pêcheurs de leurs terres et eaux

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Chaque année, 15 % de l'ensemble de la capture sauvage de poissons est broyée et donnée aux poissons et crevettes dans les fermes industrielles. Les fermes d'aquaculture industrielle utilisent jusqu'à 6 kilogrammes de poisson sauvage pour produire un kilogramme de saumon

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Les pêcheurs et les travailleurs du secteur de la pêche mènent des actions dans le monde entier pour empêcher les entreprises de détruire leurs zones de pêche.

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La lutte pour mettre fin à l'aquaculture industrielle et relancer les pêcheries locales et l'aquaculture à petite échelle est essentielle au mouvement plus large pour la souveraineté alimentaire, des conditions de travail dignes et la justice climatique.

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l'expansion de l'aquaculture soutenue par le gouvernement, et les mégaprojets motivés par le profit continuent d'éroder les territoires et les moyens de subsistance des peuples pêcheurs

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Aux États-Unis et au Canada, les droits des peuples autochtones de pêcher sont confirmés par des traités nation à nation signés entre les gouvernements coloniaux et les peuples autochtones.

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La colonisation a remplacé la gérance durable par la cupidité – piétinant les droits de pêche et détruisant la nature. Les chalutiers déciment les habitats, tuent le saumon sans discrimination, et entraînent des rivières entières à l'extinction – tout pour le profit. C'est un génocide écologique.

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Les ONG et les mouvements de pêcheurs s'appuient de plus en plus sur le financement de la philanthropie, ce qui peut mener à la co-optation des agendas politiques de certaines organisations et créer une division entre ceux maintenant les principes de souveraineté alimentaire et ceux suivant les priorités dirigées par les bailleurs de fonds

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L'une est à petite échelle, impliquant généralement soit l'élevage intérieur de carpes d'eau douce, soit l'élevage semi-sauvage de mollusques le long des côtes. Ces espèces robustes nécessitent peu, voire pas d'aliments ou d'autres intrants, et sont souvent intégrées à d'autres cultures et animaux.

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Dix pour cent des bébés nés dans la région des Grands Lacs sont pré-pollués au mercure. À quoi sert le droit de pêcher si les poissons sont nuisibles pour notre peuple et les générations futures?

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