Declaration of rights of peasants – 2009
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2009-03-24 SCORE 9/10
Document original ↗Synopsis
Ce document est un manifeste politique de La Via Campesina datant de 2009, exposant les violations systématiques des droits paysans à l'échelle mondiale et plaidant pour une Convention internationale dédiée. Il commence par constater que près de la moitié de l'humanité vit de l'agriculture paysanne, activité qui structure la vie quotidienne autant qu'elle produit la nourriture mondiale. Le texte énumère alors les violations majeures : expulsions massives du foncier (land grabs) orchestrées par États et corporations transnationales pour mines, plantations agro-industrielles ou zones économiques spéciales ; paupérisation des revenus agricoles ; imposition de monocultures (agrofuels, OGM) détruisant semences locales et biodiversité ; criminalisation des luttes paysannes et du leadership paysan ; militarisation des zones rurales ; spéculation alimentaire ; et discrimination systématique des femmes en matière d'accès aux terres et ressources productives. Le document situe ces violations dans un cadre politique explicite : l'imposture des politiques néolibérales (OMC, Accords de libre-échange, Programmes d'ajustement structurel du FMI) qui ont forcé l'ouverture des marchés, la privatisation des entreprises d'État et le démantèlement des mécanismes de soutien agricole, laissant les paysans exsangues face aux corporations transnationales. Enfin, le texte argue de l'insuffisance des conventions internationales existantes (PIDESC, Charte de 1978, Convention 169 de l'OIT) et demande l'élaboration d'un instrument juridique international spécifique protégeant explicitement les droits des paysans, formulé à partir de la Déclaration elle-même et élaboré avec pleine participation de Via Campesina et de la société civile.
En clair
Ce texte explique pourquoi les paysans se battent partout dans le monde : on leur prend leurs terres pour en faire des mines, des plantations ou des zones de commerce, on les force à cultiver pour l'export au lieu de nourrir leurs familles, et quand ils résistent, on les emprisonne. Le texte demande que l'ONU crée une vraie loi mondiale pour protéger les droits des paysans, en particulier celui des femmes qui sont les plus exploitées.
Extraits
Près de la moitié des personnes dans le monde sont des paysans. Même dans le monde de la haute technologie, les gens mangent de la nourriture produite par des paysans.
Des millions de paysans ont été forcés de quitter leurs terres agricoles en raison de spoliations de terres facilitées par les politiques nationales et/ou l'armée.
Les paysans sont forcés de produire pour l'exportation au lieu de produire de la nourriture pour leurs communautés.
La logique capitaliste d'accumulation a démantelé l'agriculture paysanne.
L'agriculture à petite échelle n'est pas seulement une activité économique ; elle signifie la vie pour beaucoup de gens.
Les monocultures pour la production d'agrocarburants et d'autres usages industriels sont promues en faveur de l'agro-industrie et du capital transnational.
L'OMC et les ALE forcent l'ouverture des marchés et empêchent les pays de protéger et de soutenir leur agriculture nationale.
La violation des droits des paysans endommage la capacité du monde à se nourrir lui-même.
Il est important de créer un instrument international pour respecter, protéger, réaliser et défendre les droits des paysans – la Convention internationale relative aux droits des paysans (CIRP).