Impact of Market Prices On Producers' and Consumers' Food Sovereignty
La Vía Campesina — publications (WP REST) 2025-06-17 SCORE 7/10
Document original ↗Synopsis
Ce webinaire du Comité international de planification (IPC), tenu le 30 mai 2025, documente l'impact des prix de marché mondiaux sur la souveraineté alimentaire de producteurs et consommateurs à l'échelle globale. Modéré par Ibrahima Coulibaly (ROPPA) et Morgan Ody (La Via Campesina), il rassemble 60 participants d'Afrique, Asie, Océanie, Europe et Amériques. En Afrique de l'Ouest, ROPPA (Dieudonné) documente que 50 % des petits producteurs ne rentrent pas dans leurs frais malgré qu'ils produisent 70 % de la nourriture locale : coûts de production croissants, prix d'achat stagnants, femmes paysannes particulièrement marginalisées. Le système de « bleu économie » favorise l'aquaculture industrielle au détriment des pêcheries artisanales : le World Forum of Fisher Peoples appelle à une gouvernance démocratique via la FAO et les Voluntary Guidelines pour Sustainable Small-Scale Fisheries, plutôt que l'OMC. En Égypte, Hala Barakat (MENA/HIC) expose comment le contract farming pousse les petits paysans à abandonner leurs terres pour la tomate d'exportation—une forme explicite de land grabbing : femmes travaillent à 3 $/jour tandis que les tomates se vendent à l'exportation (15 £/kg selon le texte, qui demande vérification). Au Royaume-Uni, Sarah Woolley (syndicale boulangerie) souligne la concentration du pouvoir chez les grands retailers/processeurs, qui exploitent producteurs et travailleurs migrants. Via Campesina et Family Farm Defenders dénoncent l'impérialisme agricole américain et néolibéral, qui a dépouillé des pays entiers de leur souveraineté alimentaire. Solutions proposées : prix planchers, gestion publique de l'offre, réserves alimentaires publiques, circuits courts, coopératives solidaires, et une souveraineté alimentaire comprise comme contrôle collectif des systèmes alimentaires.
En clair
Ce webinaire montre que les petits paysans et ouvriers agricoles gagnent à peine de quoi vivre (3 $ par jour en Égypte) tandis que les supermarchés et gros traders font énormes profits. Pire : le système force les paysans à vendre leurs terres pour cultiver des produits d'exportation, au lieu de nourrir leur propre région. La solution : que les paysans contrôlent leur nourriture eux-mêmes, reçoivent des prix justes, s'organisent en coopératives, et que les gouvernements les soutiennent directement plutôt que de les abandonner aux prix du marché global.
Extraits
50 % des petits producteurs d'Afrique de l'Ouest ne dégagent même pas le seuil de rentabilité
l'agriculture contractuelle, qui souvent les pousse à abandonner leurs terres, ce qui détourne les terres de la production alimentaire locale—une forme d'accaparement de terres
Les femmes de l'usine de production de tomates séchées en Égypte ne gagnent que trois dollars par jour
L'alimentation bon marché dépend du travail bon marché, ce qui entraîne des coûts humains importants
La gouvernance des pêches devrait être dirigée par le Comité des pêches (COFI) de la FAO, et non par des organismes commerciaux comme l'OMC
L'encouragement des marchés publics et des systèmes de crédit de stocks sont également considérés comme des mesures essentielles pour assurer des moyens de subsistance décents
La souveraineté alimentaire consiste fondamentalement à protéger l'avenir de l'humanité en défendant les droits et la capacité des communautés à produire leur propre nourriture
Le pouvoir est concentré chez les grands détaillants et transformateurs, ce qui limite le choix des consommateurs et la qualité, et exploite les producteurs