Co-operative house-building, read ... 1898 [microform]
Archive.org — community land trusts & housing commons 2016-05-24 Recoded by LuraDocument PDF v2.65 SCORE 8/10
Document original ↗Synopsis
Ce texte fondateur de la Women's Co-operative Guild (1898) articule une réflexion politique sur le rôle du logement coopératif comme alternative à la propriété privée individuelle. L'autrice pose d'abord l'importance du logement pour la vie collective et souligne que cette question est particulièrement cruciale pour les femmes, qui y consacrent le plus de temps. Elle puis rapporte les réalisations des sociétés coopératives britanniques (Huddersfield, Eccles, Derby, Halifax, Oldham, etc.) dans la construction de maisons destinées soit à la vente, soit à la location. Le cœur du texte est un débat politique explicite : faut-il que les sociétés coopératives vendent les maisons à des propriétaires individuels, ou faut-il qu'elles les conservent en propriété collective et les louent aux membres ? L'autrice développe les arguments traditionnels en faveur de la propriété individuelle (incitation à l'épargne, autonomie, amélioration personnelle), avant de les réfuter systématiquement. Elle montre que la vente crée une classe de petits propriétaires-rentiers, exclut les membres trop pauvres pour accumuler du capital, immobilise les travailleurs territorialement et les expose à des abus d'employeurs. À l'inverse, si les sociétés conservent les maisons, les locataires-membres deviennent « leurs propres propriétaires » collectivement, assurant l'accès au logement décent pour tous et préservant les intérêts de classe des producteurs. Le texte conclut sur l'exemple du système des « Tenant Co-operators » à Londres (depuis 1888), esquissant une forme de bail coopératif qui sécurise l'intérêt du locataire sans les risques de la propriété individuelle. C'est un document charnière où la question du logement s'articule clairement à la critique de la propriété privée et aux enjeux de classe.
En clair
Il y a plus de 125 ans, les coopératives construisaient des maisons et les louaient à leurs membres plutôt que de les vendre. Ce texte explique pourquoi : louer collectivement permet à tout le monde d'avoir un bon logement, tandis que vendre crée de petits propriétaires qui finissent par exploiter les autres travailleurs. C'est une stratégie ancienne pour démocratiser le logement sans enrichir les rentiers.
Extraits
Si c'est une question importante pour les hommes, elle est encore plus importante pour les femmes, car c'est la femme qui a le plus de temps à passer dans la maison.
La question de savoir si les sociétés devraient construire pour vendre ou garder les maisons en leurs propres mains est une question importante. La construction coopérative, qu'elle soit destinée à la vente ou à la location, est bonne, mais une méthode est meilleure que l'autre.
Un autre inconvénient est que si peu relativement peuvent bénéficier de bonnes maisons si elles ne sont construites que pour la vente. Il y a un très grand nombre de membres pauvres qui, en raison de petits salaires, ne peuvent jamais se permettre de laisser le divi s'accumuler
La vente de maisons à des particuliers tend à créer une classe de petits propriétaires immobiliers et, si la propriété est en pleine propriété, de petits propriétaires terriens, dont les intérêts les rangent parmi ceux possédant de grands domaines
Les membres locataires seront, par l'intermédiaire de leur société, leurs propres propriétaires, et ainsi seront en mesure de veiller à leurs propres intérêts.